Conversation programmée dans le cadre de l’exposition “LAB, les coulisses du musée d’art de Monaco” au Nouveau Musée National de Monaco – Villa Sauber (2015)

Laurent Busine : Diplômé d’histoire de l’art et d’archéologie de l’Université Libre de Bruxelles, Laurent Busine a été le directeur des expositions du Palais des Beaux-Arts de Charleroi de 1982 à 2002. En2001 il fonde le MAC’S Musée des Arts Contemporains du Grand Hornu dont il quittera la direction fin 2015.

Christian Bernard : Après avoir dirigé la Villa Arson à Nice, il fonde le MAMCO (Musée d’art contemporain de Genève) qu’il dirige depuis 1994. Il quittera ses fonctions fin 2015 pour prendre la direction du Printemps de Septembre à Toulouse.

On commence bonsoir et bienvenue merci d’être là pour la seconde rencontre de ce cycle de rencontre et conversation durant le Lab jusqu’au 20 mars vous aurez l’occasion plusieurs fois fois par semaine de rencontrer différents acteurs de l’art des musées restaurateurs artistes architecte directeur de musée euh et de pouvoir les rencontrer

Discuter avec eux et euh et de nous aider ensemble à redéfinir potentiellement on l’ dit hein c’était une ambitieuse question dont on na pas forcément la réponse mais au moins de pouvoir esquisser quelques quelques orientations pour ce soir en l’occurrence parler de du musée à réinventer parce que vous aurez pu

Remarquer que ce Lab est une opportunité pour nous et et pour tout un chacun de venir découvrir les fonctionnalités d’un musée la façon dont on travaille au quotidien qui sont pas toujours tout à fait visibles pour pour tous mais aussi de poser des questions liées au fonctionnement de ce ce musée là à

Savoir effectivement comment on pourrait spendre autrement différemment on a invité ce soir Christian Bernard et Laurent Busine merci d’avoir accepté notre invitation Mar cl qui se trouve ici avec qui on a conçu et cette cette série de rencontres on tenait beaucoup à vous à vous avoir ici ce soir euh et en

Concevant en fait cette cette rencontre on s’est rendu compte de quelque chose d’un peu anecdotique mais qui quand même mes yeux fait sens vous avez dirigé et fondé pour l’un donc le max Voru pendant une bonne dizaine d’années depuis quinzaine d’années depuis 2002 et vous Christian Bernard le Mamco depuis

94 à Genèvre et vous quitterez tous les deux vos fonctions à la fin de cette année donc dans quelques jours et c’est l’occasion probablement d’un d’un bilan pour vous j’imagine mais c’est aussi l’occasion pour nous d’avoir ce retour sur expérience si vous me permettez l’expression de de d’avoir voilà votre

Votre point de vue des établissements que vous avez dirigé et fondé donc ils sont empreint de votre de votre de votre t de votre façon de concevoir les choses et c’était intéressant pour nous d’avoir ce ce point de vue là et et cette cette lumière euh en quelques mots donc

Christian Bernard vous avez dirigé la ville harçon à pendant 8 ans jusqu’en 94 et donc vous avez évidemment par la suite fondé le le Mamco Laurent Buisine vous avez dirigé le palais des beauard de Charles de 82 à 2002 et puis donc évidemment le Musée d’Art Contemporain la Fédération Brel au

Grand temps venu jusqu’à la fin de cette année pour chacun d’entre vous la première exposition je sais pas si j’imagine que vous vous en souvenez rudiment d’un musée possible en 1994 pour vous Christian Bernard la dernière exposition s’intitule one more time Laurent Buisine l’herbier et le nuage en 2002 et la

Dernière exposition date l’homme le dragon et la mort la gloire de Saint-George simplement pour commencer peut-être en perspective en parallèle de savoir si il y a entre cette première et dernière exposition selon vous un point de départ est un point d’arrivée euh auquel vous vous imaginez quand vous

Avez conençu ces expositions là en 2002 et en 94 CHR peut-être pour commencer plus ancien bien bonsoir je sais pas si s’il faut faire appel à des gens qui finissent leur histoire pour évoquer l’idée de réinventer le musée hein mais on va quand même essayer de d’évoquer ça en

Tout cas je je crois que l’un et l’autre mais je ne parlerai que pour moi nous nous sommes attelés à cette tâche il y a 20 ans voilà et effectivement pour répondre plus précisément à votre question toute une série de données qui étaient mis en place à l’ouverture était programmatique et ce

Programme a été conduit à son terme et la dernière exposition en témoigne voilà alors cela signifie que les principes sur le qu lesquels le musée a été conçu et mis en œuvre le Mamco je n’y ai pas dérogé pendant 20 ans les artistes qui étaient présentés à l’ouverture ils ont tous fait l’objet

D’un travail au fil de ces 20 ans voilà alors on peut donner quelques exemples très rapidement le il y a un certain nombre d’espac monographique à caractère permanent ça veut dire qu’ils peuvent être absolument permanents ou relativement permanent mais donc régulièrement récurrent et euh ces ces lieux monographique euh ont été

Conçus euh comme des réponses à à la question de la relation à l’artiste au musée et ils ont impliqué des artistes très particuliers qui étaient Philippe Thomas qui était franerard Walter qui était d’une autre façon John armleer qui était Claudio parmidiani ou euh c’est celui dont je voulais parler sarquis

Pour ne prendre que ces exemples-là et donc ces espaces monographiques ont évolué pour certains pendant 20 ans et au moins trois fois par an chaque année de ces 20 ans mais ils ont surtout étit le le l’élément matriciel d’exposition euh développé donc pour ne prendre que l’exemple de

Sarquis on a au moins fait quatre ou cinq expositions à partir de de l’atelier depuis 19380 en examinant différents aspects du travail de sarquis euh et jusqu’à lui confier la totalité du musée voilà donc on avait commencé assez tôt je pense vers 95 96 par une exposition qui qui mettait en place

Les travaux initiaux de Sarkis de 69 à 72 vous avez remarqué que je suis devenu Suisse et euh ou je ne dis pas 80 euh et donc euh on tu avait on était parti du travail le plus récent on était remonté à l’origine du travail puis il y a eu toutes sortes d’expositions

Intermédiaire jusqu’au moment où on a fait une rétrospective qui couvrait la totalité de sa vie d’artiste jusqu’au jour de de l’ouverture et qui occupait la totalité du musée c’est-à-dire 30 une quarantaine de salles donc c’est c’est voilà le type de de de données un certain nombre d’artistes étaient là au

Départ qui définissait un le champ de l’activité artistique tel qu’il me paraissait intéressant de l’examiner et de le mettre au travail du musée sur une longue durée et c’était véritablement un projet et et donc chacun de ces artistes savait qu’à un moment donné viendrait le moment de la très grande exposition

Voilà et puis après il faut évidemment tout ce qu’on raconte de nos histoires est une construction à postériori donc il faut pas croire tout ce que je vais dire il est évident qu’à un moment donné on se convainc qu’on a eu l’idée plutôt qu’on l’a eu mais il n’empêche qu’il y

Avait une conception programmatique du musée voilà et qui reposait et je vais conclure parce qu’il faut que je laisse la parole à à Laurent qui reposait sur l’idée que que le musée est un processus de production ou une fabrique de situation expositionnelle qu’il faut mettre au travail de façon

Continue et non pas les craint d’un trésor improbable et vite obsolète à toi merciz en fait la la question de la première exposition chez nous s posé d’une manière très très singulière dans le sens où euh curieusement dans la partie francophone de la Belgique pendant

Environ 50 ans au moins il n’y avait pas de musée d’art contemporain euh c’était une situation un peu singulier il y en avait dans la partie flamande le N à G envers encore à ausement il y en avait pas dans dans la partie et donc moi j’étais a signalé

Directeur des expositions on par de beauard de Charles r je n’avais pour métier que de faire des expositions temporaires il y avait pas de collection il y av pas d’ euh et puis tout à coup euh par le hasard des choses enfin je pourrais développer mais ça n’a pas

Beaucoup d’intérêt euh le le ministre en charge de la culture à l’époque m’a m’a demandé de fonder un un musée d’art contemporain dans dans cette parti euh les choses s’arrangent tout ça et arrive le le jour de où on doit décider de la première expéition et là j’avoue que j’ai été

Très très très mal à l’aise à plusieurs moments la première idée qui m’était venue et qui je pense était légitime était de dire puisque pendant 50 ans le public de cette partie de la Belgique n’a pas eu accès aux œuvres qui ont représenté là pendant 50 ans et bien on

Va faire une exposition un peu rétrospective sur les 50 dernières années de de la création artistique et à la réflexion je me suis dit que c’était sans doute l’acte le plus comment va je dire presque orgueilleux que j’aurais pu commettre parce que c’était dès le départ dire au

Public voilà ce que vous ignorez et voilà ce que je sais et Ctait mettre le la fonction du musée la fonction des conservateurs et de moi-même dans une position de de tenant d’une connaissance que le public ne conna pas et donc j’ai après coup je me suis dit que c’était pas du

Tout la bonne et qu’au contraire il fallait trouver une une solution pour que la première exposition qui est quand même quelque chose comme un manifeste inévitablement la première exposition qu’un musée fait quand ré c’est presque un manifeste de dire voilà ce que l’on va y fait et j’ai fait cette exposition

Qui s’intitulait l’herger et le nuage simplement parce que c’est une constatation un peu simple c’est que on peut tout garder en en forme d’herbier jusque y compris mais vous et moi il suffit qu’on soit mobifié et on peut on peut nous garder il n’y a vraiment que

Les nuage que que dans le monde on ne puisse pas euh garder don on ne puisse pas garder la trace et donc c’était un peu un propos un peu très très large qui visait à ce que chaque spectateur qui venait par curiosité nimporte par intérêt ou dans dans cette première

Exposition que chaque spectateur puisse découvrir une œuvre dont il supposait fermement que je l’avais mise dans ce musée parce que je savais qu’il allait nous rendre visite et cette exposition était très très vaste très très éclectique et il comprenait entre autres cétait assez curieux pour ouvrir un musée d’ contemporain comprenait trois

Pièces de la Renaissance trois sculptures de la Renaissance et je Clo mon mon travail au musée en faisant une exposition l’homme le dragon et la mort la gloire de saint-or si vous voulez on pour en parler o sur les 84 pièces explosées il y a 6 pièces d’

Contemporain et le reste c’est du 15e et de la Renaissance voilà pour comment j’ai terminé enersant les choses pas simplement pour le plaisir de provoquer jamais plaisir à provoquer simplement pour cette direction que j’ai dont je suis convaincu c’est que ou bien l’IR contemporain n’existe pas ou bien tout création artistique fut

Contemporaine et donc la question de la pièce de la des pièce de la Renaissance ou ou du 15e siècle ce que vous voulez pose cette question du du rapport que nous avons individuellement avec les œuvres d’ Or des sentiers et des cloisonnements traditionnels de le moyen-âge des temps modernes préhistoire

Machin nous avons vu tout à l’heure Christian on en est témoin tout à l’heure en visitant ce ce beau musée nous avons vu des des a tomates qui sont du 18e 19e je sais pas trop 19e on en a été ébahli stupéfait magnifique monsieur qui est là fond nous

A fait pas de ses connaissances on a passé un moment aussi extraordinaire que que dans l’atelier d’un artiste pourquoi pourquoi diable nous nous flagererions nous pour nous empêcher d’avoir des des émotions des des plaisirs des tout ce que vous voudrez des des moments de vie qui qui dérangera à l’art contemporain striens

Les question c’est qu chose vous avez pratiqué vous aussi au [Musique] mêmeo ouie façon on va dire indicielle mais on a à plusieurs reprises eu l’occasion mais parce que ça faisait sens de montrer des pièces plus anciennes que les pièces disons de l’époque récente alors on a montré par

Exemple quatre très grands tableaux de catastrophe de Francesco Casanova ça donc on est au 18e siècle que nous avions empruné au musée de Rennes et à d’autres reprises en ce moment dans dans One More Time qui est aussi en écho à ntime pour ceux qui se souviennent de

Cette exposition à la ville Arson euh nous montre ont un petit une petite Marine de François Bon de 1874 qui un peintre lémanque et c’est un une vue du lac Clément sous sous l’orage à l’instant d’avant l’orage qui est en c’est un tableau presque noir en tout cas extraordinaire avec un arc-en-ciel qui

Qui qui est un parfait dessin géométrique qui parcourt en qui fait un demi-cercle dans le tableau et ce tableau absolument merveilleux qui est grand comme ça avait été présenté par Dominique radridzani au musée yénich en même temps qu’une reconstitution extrêmement minutieuse et intéressante du du rayon vert de Marcel Duchamp alors

Si vous savez c’est une pièce de 1947 de Marcelle Duchamp qui avait été réalisée par délégation par Frédric kissler et qui reposait sur une vision monoculaire et non pas binoculaire comme étant donné euh d’une vue du la lément voilà qui se trouve en face de la cascade d’étantonné pour pour les les

Amateurs voilà et donc c’est ce tableau contenait de Bion contenait déjà au fond l’image utilisée par Duchamp c’est pour ça qu’il est là et puis on montre aussi et ça c’est pour une autre raison la la première salle de cette exposition de 40 salles c’est une salle qui est consacrée

Pour l’essentiel à des très grands dessins de pierre klossovski à des sculptures grotesques de lilanga dininiyama qui est un artiste bantou de Tanzanie c’est sculptures ponyrome burlesque tout à fait extraordinaire et elles font des gardes du corps à un tableau de Carlos Schwab de

1907 qui est en fait un tableau qui a à peu près 30 ans de retard puisque c’est l’année des Demoiselles d’Avignon et que c’est une sorte de de tardive version de la peinture symboliste on va dire c’est un très beau tableau qui représente une ça s’appelle la vague

C’est une vague qui se dresse et et dans l’écume surgissent des des visages de femmes qui qui donc incarnent ou allégorisent la vague et qui sont tout empreint d’horreur voilà et donc c’est comme si les images de klosovski qui levait les cauchemars du symbolisme voilà donc là on montre on travaille on

Met au travail des œuvres évidemment dans des dans des relations nouvelles c’était si je peux conclure là-dessus avant de donner à nouveau la parole à Laurent le travail du musée c’est la production des contextes et et c’est c’est pas l’étalage des richesses la production des c’est là où est notre

Travail c’est c’est l’espace entre les œuvre c’est les relations qu’on établit entre les œuvres alors je parle bien de ce qu’on fait avec un matériel qui est pas celui d’une exposition monographique conçu par et ou avec l’artiste euh c’est c’est mais tout dès qu’on travaille avec un matériau qui qui est

De de seconde main c’est-à-dire que que nous possédons que nous empruntons et qui n’est pas au titre d’une proposition monographique et bien euh dans notre travail c’est la mise en relation voilà c’est c’est c’est l’arc-en-ciel de bon c’est c’est de créer des arcs électriques entre les pièces et et de

Faire en sorte que jamais elle ne réapparaisse en tout cas ça a été notre notre notre défi que jamais les mêmes œuvres ne réapparaissent dans les mêmes contextes de telle sorte qu’on puisse en déplier la polycémie potentielle voilà je ne peux que qu’être tout à fait d’accord avec ce que

Christian ber vient de dire vous savez en fait je je pense que la il y a un constat que l’on fait peut-être sans doute à postériori aussi c’est que les les les les très grandes œuvres d’art contemporain ou D’Art d’Art très grandes œuvres ont une capacité tout à fait extraordinaire à à

Se à entrer dans des propos très varié euh même extraordinairement varié c’est le le contexte dont dont parle Christian euh que la même œuvre peut-être aperçue contemplé vu analysé par le par le désir que que le spectateur va lui apporter et qui sera très différent d’un contexte à l’ARE

Jeis prendre un exemple précis pour euh euh expliquer davantage j’ai pour l’instant dans l’exposition donc sur le dragon et la mort la gloire de Saint-Georges une très grande pièce de juseppé Penon qui est installé dans dans la grande cour Roval je une toute petite parenthèse le grand ornu avant était un

Atelier de charbonnage du début du 19e avec une très belle architecture néoclassique très simple très très rassurante avec la symétrie du néoclassique ça voilà il y a une grande cour ovale il y a pour l’instant un très grand arbre de de de pénon qui est installé dans la cour et qui est un

Arbre foudroyé il faut savoir que cet arbre en fait était dans le jardin du Grand viv c’était un grand sa qui était là et un Beaujour dans une après-midi il a la foudre est tombée l’arbre éclaté d’e manière extraordinaire et quand j’ai vu ça j’ai envoyé des photos à Josep benom

En disant il y a un truc formidable je pense que on l’a débuté on l’ il est venu le chercher avec un camion il a ééposé en bronze et là où le feu du ciel a brisé l’arbre il a simplement doré à la feuille le bronze voilà si vous pouvez l’imaginer un grand

De 12 m de haut avec des des branches cassées la partie feu est en or cet arbre dans le contexte de l’exposition la gloire de Saint-Georges fait l’unanimité pour tout le public en disant c’est saint-georg le le confondant souvent Saint-George et Saint-Michel mais on voit pas tomber làdessus mais pas là

Pour ça si vous voulez on peut passer toute la ça un autre sujet mais bon le feu du ciel le celui qui va vaincre le le or cet re Ava été présenté dans l’exposition que pénon avait faite au jardin de Versailles h dans le jardins de Versailles et là cet arbre tout le

Monde était d’accord pour y reconnaître le Roi Soleil avec la même certitude et la même et je l’avais vu dans les jardins Boboli à Florence et là on lui trouvait un propos alchimique évident c’est la force des grandes œuvres d’art c’est d’être capable de euh

De capter le contexte et le désir du du visiteur de désir d’y voir ceci plutôt que cela et d’y voir ceci aujourd’hui et cela et encore cela de manière contradictoire mais logique les grandes œuvres d’ ne sont pas prisonnières d’un sens elles sont ouvertes à la

Multiplicité des sens à la et au désir de de de vivoir la multiplicité des sens et c’est dans cela que la la le concept le le le le contexte dans lequel nous montrons les œuvres est sans doute la plus grande responsabilité que nous prenons quand nous faisons notre métier c’est une responsabilité inimaginable

Parce que ça pourrait être du détournement à certains moment si nous ne sommes pas suffisamment attentifs à ce que nous proposons ou euh au contraire une une disposition telle que les choses vont s’éviller et c’est euh c’est en effet la la la la condition essentielle de de ce métier mais qu’on

Apprendin qu’on apprend aussi parce que justement non pardon dans dans un dans une sentence un peu programmatique justement vous disiez dans une interview o j’aié pour préparer cette renc compre que pour qu’un jour il y ait le musée de tous il fallait d’abord qu’il y ait le musée de chacun euh oui

C’est une phrase un peu lapidire qui qui qui nous a qui n fait nous a bien servi en fait voyez-vous c’est au début du la construction du musée ça parce que on revient de manière un peu parfois un peu démagogique il faut bien le dire vis-àvis des autorités des

Élus et autres voilà on ouvre le musée un musé d’art contemporain il faudrait que T accès on est tout à fait d’accord là-dessus je vois pas pourquoi on serait pas d’accord euh mais l’idée de construire un musée qui serait le musée de tous c’est presque une idée tyrannique c’est presque une idée

Despotique euh il faut d’abord que chacun s’y retrouve pour qu’il devienne enfin le musée de tous et pas l’inverse parce que même n’importe quelle tyranie n’importe quel euh despotisme est est méprisable euh s’il est d’abord le musée où chacun et c’est pour ça que cette première exposition était si diversifiée parce

Que ainsi chacun pouvait peut-être s’y retrouver je vais vous raconter une petite histoire vous allez je vous prie de m’excuser mais j’adore raconter des petites histoiresà pe traîner vous avez un peu de temps devant vous là aussi et en fait lors de cette première exposition donc de d’ouverture du musée évidemment j’ai

Je suis venu les le dernier weekend parce qu’on est toujours un peu inquiet pu on peut voir en plus et il y a une dame qui qui s’est approché de moi et pendant le temps de la première exposition on avait fait des quantités de journées gratuite ouverte au public

En ça et une dame qui qui petite dame comme ça et je ne feris pas de de plan sur la comète en disant que sans doute c’était pas quelqu’un qui fréquentait assident les les quelqu’un quiit vivre dans le dans mon entourage de voisinage du musée qui est socialement et

Elle vient près de moi elleonnuonait vu à la télévision et puis m’explique que c’est la la 3è ou 4 fois qu’elle vient la mition pour la même exposition je m’étonne et elle me dit oui oui je je viens et je je viens voir toujours la même pièce et évidemment je je n’aurais

Jamais osé lui demander quelle était cette uvre là parce que ça c’est plus notre rôle c’est si tu étais la pire des inudeur de lui demander ça lui appartient à elle mais je pense que cette dame ma pas à quel point elle me elle m’a dit que j’enais pas trop mal

Réussi mon métier cejour ça vous dit pas quelque chose oui oui non non mais on a tous les anecdote comme çainez que que le musée j’ai j’ai aussi employé cette expression à mainreise est une maison de rendez-vous mais mais si on a rendez-vous toujours avec les mêmes personnes on se lasse

Quand même donc tout toute la contradiction du musée c’est de proposer des rendez-vous mais de changer l’objet du rendez-vous de telle sorte que le désir soit réactivé alors n’allez pas croire que je te prêche pour la polygamie he mais mais j’ai j’ai effectivement eu C raconter

Déjà cette andote on l’a tous vécu parce qu’ il y a rien de plus émouvant que la relation intense et singulière de quelqu’un avec une œuvre voilà c’était un jour j’étais à esson ce qui est une ville où on a seulement envie de se suicider et c’était le 14 juillet et il

Faisait très chaud et l’orage menaçait et je me suis demandé ce que je faisais là et j’ai pris le train pour Münster et je suis arrivé à Münster et euh il était midi et l’orage éclate parce que c’était un gros orage et et donc il pleut à

Verse et je je quitte la gare sous la pluie je n’avais pas d’imperméable j’étais très contrarié et je me rends compte petit à petit que je suis une femme et cette femme m’ouvre le chemin en fait et elle se dirige dans la même direction que moi elle arrive au musée elle paye devant

Moi elle monte l’escalier et elle s’installe devant un tableau voilà un dimanche il y avait zéro personnes dans le musée à part nous deux et moi je fais tout le tour du musée et puis quand je reviens dans la première salle c’est un musée en cloître comme ça quand je

Reviens dans la première salle il était toujours assise devant ce tableau et au moment où j’entre se lève et s’en va et quitte le musée voilà et évidemment c’est la même anecdote c’est juste bouleversant de penser que elle pouvait ce jour-là abominable sortir de chez elle et et qu’elle avait rendez-vous avec ce

Tableau alors effectivement il est bon qu’il y ait des œuvres qui qui offrent une enfin qui qui soi suffisamment permanent pour pour créer des des repères comme ça auquel on peut euh revenir mais mais mais il faut pas abuser non plus de ça et et j’aime beaucoup comme comme Laurent s’exprime

Mais mais je partage en fait pas beaucoup ce son point de vue celui qu’il vient d’expr de d’exprimer je je crois que il y a pas de musée pour tous et qu’il y en aura jamais et qui a très peu de musé pour chacun pour revenir sur ta

Formule et et c’est une illusion des classes moyennes cultiver de croire qu’on peut faire des musées pour tous c’est pas vrai voilà ou alors c’est c’est c’est cisifin il faut toujours recommencer ce qui n’est pas notre tâche par ailleurs qui est la tâche de l’éducation nous ne sommes qu’un tout

Petit rouage dans le grand processus de la transmission des connaissances et cette transmission elle est sélective c’est une transmission de classe vous le savez hein et donc pour le jour où il y aura un musé pour tous je serais mort depuis longtemps et vous aussi euh ça

J’en suis sûr il faut pas se cacher les yeux en revanche on peut se battre pour que ce soit pour un peu plus que les destinataires naturels du musée ses usagers ordinaires ceux qui ont les codes pour trouver le chemin du musée et trouver leur chemin dans le musée bah

C’est une minorité c’est comme ça on peut faire en sorte que cette minorité soit moins minoritaire mais on ne peut pas changer cette donne c’est triste mais c’est comme ça et puis le c’est la même chose pour les enfants rien n’est plus insupportable que de d’entendre

J’entends ça à mon âge depuis 50 ans que les enfants comprennent mieux l’art que les adultes notamment l’art contemporain ça c’est pas un problème pour eux alors que pour les adultes si c’est pas vrai vrai c’est juste pas vrai hein les les artistes sont des adultes la plupart du temps et

Euh il s’adressent à des adultes voilà il s’adresse à des adultes il y a pas d’art pour les enfants c’est pas des jouets les œuvres d’artil mais tout toute l’hypocrisie politicienne à propos des musées consiste à dire que les musée c’est magnifique pour les enfants et que

Tout le monde doit y avoir accès tout le monde devrait pouvoir y avoir accès bien sûr qui peut dire le contraire comme tu dis mais ça veut pas dire que tout le monde puisse y avoir accès et que ça veut pas dire que nous ayons les moyens

De faire en sorte que tout le monde puisse on a les moyens peut-être de d’élargir avec patience avec opiniatreté avec obstination euh le l’horizon d’attente du musée voilà je peut-être que je vous déçois mais en tout cas je pense qu’ il faut le dire parce que nous là on parle essentiellement des

Musées d’art contemporain mais mais on pourrait le dire de beaucoup d’autres musées de beaucoup d’autres musées notre tâche elle n’est pas seulement dans l’adresse notre tâche elle est elle est aussi dans la conservation c’est-à-dire préservé comme Noé hein des exemples du réel qu’on souhaite voir perdurer au-delà de

Ça c’est une tâche majeure essentielle considérable qui semble échapper aujourd’hui au discours du musée le fait de de choisir des des items du monde pour se dire ceuxl ont les extrait le plus possible de l’entropie c’est une responsabilité fabuleuse ensuite il faut les étudier ces items parce que si on

Les transmet sans sans la connaissance qui leur estit dû et que nous leur devons et bien on ne transmettra que des choses donc tout le travail scientifique comme on dit mais plus ou moins scientifique enfin tout le travail de connaissance des objets c’est une autre tâche

Considérable dont on ne parle plus on ne parle plus que du chiffre de fréquentation on ne parle plus que de l’événement qui s’est produit le brunch du dimanche matin au musée toutes ces choses qui ont rien à voir avec notre travail et on parle plus de l’exposition

On parle du prix des œuvres on parle de du du costume de l’artiste on on on raconte que l’expo vient de là et qu’elle va là-bas euh tout ça c’est du cirque c’est pas la vérité du musée mais la vérité du musée est en train comme un

Comme le sol de se dérober sous ses sous ses pieds justement il y a un an vous donniez une conférence qui s’intitulait crépuscule du musée et euh vous posiez la question d’obsolescence de de la notion même de musée donc constater que tout ça va dans ce

Sens non oui fait némoins bon si on si on mais c’est pas parce qu’on c’est pas parce qu’on redoute que quelque chose disparaisse que qu’on doit pas s’appliquer à reculer la disparition il y a des réserves indiennes il y a des eau il y a des choses comme ça mais est-ce

Qu’on laisse disparaître ou est-ce qu’onon il faut que nous nous disions des choses très très simples euh comme les civilisations les institutions sont mortelles hein les institutions que les sociétés ont imaginé elles ont pas toute perduré l’institution muséale c’est une institution récente dans l’histoire hein elle commence à se formuler au 18e

Siècle elle trouve ses premières comment dire formes opérationnell au tout début début du 19e et à mon avis elle trouve son acmé à la fin du 19e siècle et après c’est le commencement de la fin c’està-dire que le musée smette donc qui il n’y a plus le grand rêve du musée encyclopédique

Qui était de faire avec les choses que didro avait fait avec les images et les textes et bien ce C ce projet c’est tout empreint du bris mais ce projet extraordinaire de de de dire le monde par cinecdo de tous les objets qui peuvent l’en rendre compte c’est c’est

Fini à la fin du 19e siècle et et et on commence à émietter donc après il y a beaucoup de facteurs il y a beaucoup de raisons et puis en même temps il n’y a plus progressivement rien qui échappe à la muséification il y a un musée de la

Cravate un musée du chapeau de la brouette du parapluie et bien d’autres musées qui existent aujourd’hui et tant mieux hein ça ça fait des emplois protéger euh et euh mais ça veut dire qu’il y a plus de que le processus de muséification tourne tourne en rond hein voilà il est il est il

S’autoalimente voilà et puis on a on a inventer les musées d’art moderne puis très vite on s’est rendu compte que l’art moderne c’était fini donc on est passé au Musée d’art contemporain et puis il faut bien admettre que la question du contemporain elle est devenue massivement problématique hein

Alors on peut on peut dire tout à fait ce que disait Laurent et je le partage mais on peut aussi dire à l’inverse que tout ce que nous recevons au nom de l’art est contemporain parce que nous le regardons depuis le contemporain avec notre conscience contemporaine avec les éléments de savoir de représentation

Notre structure de de réception mais on a affaire déjà à cet émiettement extensif du musée ensuite on a affire à à une un dévoiement de sa vocation conservatrice de sa vocation euh scientifique au profit d’une vocation événementielle et politique et les 30 dernières années on a construit quasiment un musée d’art

Contemporain par mois sur la surface du globe vous imaginez ça il sans nous dis parents en en Chine pourquoi mais en tout cas sans doute c’est formidable he ça fait ça donne du travail aux architectes et ça donne de la publicité aux politiques he et c’est des les musées qu’on a construit la

Plupart d’entre eux sont très largement inappropriés à à l’activité qui sont supposer conduire il faut il faut vraiment le dire la grande punition des artistes c’est les musées qu’on a construit depuis 30 ans je parle pas évidemment je pense au musée de Nice mais il y en a beaucoup d’

D’autres en fait il y a il y a peuttre il y a quelque chose qui est évident euh dans les li malgré tout vous savez je je pense un peu à la question de la conservation et de la collectionme de l’idée de la collection qu’un musée doit proposer

Euh je suis absolument d’accord un des grands rôles que nous ayons soit et de conserver euh en ayant en tête que ce que nous conservons va être euh une sorte d’exemple dans dans un futur don nous ignorons le terme euh parce qu’il suffirait qu’il y ait un incendie un

Cataclysme unlementaire et pu rien de tout ça faut faut pas heureusement c’est le de l’histoire c’est évident euh mais mais ça veut dire aussi que si nous conservons euh nous devons fondamentalement et ça malheureusement nous nous le savons et n le déplorons nous devons fondamentalement prêter prêter des uvres que nous

Conservons les prêter à des collègues les prêter à des expusions les faire voir conservver ça veut pas dire garder dans une réserve futelle la meilleure du monde la plus équilibrée en terme de température d’igrométrie de sécurité ça va c’est pas ça l’œuvre est faite pour pour être prêté pour être vu pour et

Nous savons trop bien que nous sommes pour l’instant l’otage de de chers collègues qui des parapluis pour ne pas ne pas c craignant d’avoir quelconque des gars et et ça c’est une c’est une c’est une un désastre maintenant la question aussi se pose de savoir pour pourquoi on fait une

Collection que j’ai eu puisque j’ai eu la chance de créer le musée de toute pièces hein de de euh voilà alors en fait la réflexion que que j’ai pu avoir à ce moment-là était assez assez simple euh la Belgique est un pays assez assez étonnant euh en PL des égares mais enfin

Entreutes à é si si nous prenons Bruxelles voilà comme comme centre du du pays en 1 heure nous sommes à Amsterdam où il y a conlection prodig euh ça c’est au nord à l’est nous sommes à Cologne ù à Dusseldorf où il y a le Ludwig euh au

Sud nous sommes à Paris où il a le centre musée d’art moderne et en 1 heure nous sommes à Londres avec le décalage horaire où il y a la T donc en 1 heure nous sommes dans les quatre directions on est devant les plus grandes collections européennes

Donc on peut tout à fait faire l’économie d’une collection supplémentaire qui serait qui se voudrait exhaustive qui voudrait non ça n’est pas nécessaire voulez-vous voir un fantana à Paris VZ vous voir un car Amsterdam en fait voilà c’est simple il y ay il y a des moyens

De locomtion donc c’est et donc quand on a pris cette que j’ai pris cette décision je su dit mais dans le fond qu’est-ce qu’on peut faire comme collection alors comme je le disais tout à l’heure donc le le grand u c’était avant un atelier des ateliers de

Charbonage c’est très vaste il y a des cours vous ça et où la la trace du du 19e siècle et l’utopie du 19e siècle puisque la construction était faite pour accueillir donc les les les ateliers du charbodè mais aussi tout autour il y a 450 maisons céit une une utopie de créer

Une ville avec un dispensaire avec une bibliothèque avec une école voilà avec une salle des fêtes donc cétait l’ utopie de créer une vu euh donc on a axé la collection puisqu’on avait un budget d’achat maigre mais enfin qui nous permettait deire axé la collection sur trois

Axes l’axe de l’histoire à savoir tout élément grand ou petit du souvenir de la mémoire de qui intervient vous savez on croit toujours qu’on est le le résultat des des des maîtres des des personnes importantes qu’on a eu la chance de rencontrer et on se rend compte

Peut-être à mon âge que depuis l’âge de 14 ans je je recherche le parfum d’une dame qui qui que j’ai C croisé dans un dans un train et ça fait maintenant ça 50 ans que que c’est ça qui me dirige plutôt que les les maîtres que je vu

Donc on est formé par aussi bien des brins borion que par des choses considérables l’histoire c’est ça 2è axe c’est le rapport à l’architecture entendons-nous bien on ne collectionne pas des des plans d’architectes ni rien du tout le rapport à l’architecture c’est que toute architecture dit toujours quelque chose de la société

Donc laquelle elle a été euh réaliser euh que ça soit du la meilleure ou la pire des architectures je ne va pas parler du bâtiment qui est à côté bon ni celui-ci un autre exemple rchit mais tout architecture dit toujours quelque chose du du contexte social et comme par

Ailleurs l’histoire dit quelque chose qui n’est singulier l’architecture peut dire quelque chose du ça peut être la l’urbain et et et le paysage le bâti et le non bâti voilà c’est l’architecture dans son sens le plus le plus large du terme et enfin trè axe c’est le poétique le poétique me

Permet de connaître aujourd’hui des émotions des sentiments desorte que d’ éventuellement connaîtrons en prés et nous avons basé la collection sur ces trois principes ce qui fait que c’est une collection qui est très ne pourrait même pas se concevoir naurait pas de sens si elle n’était conservée au

Grand mais qui fait que curieusement nous avons seulement 300 pièces c’est uneès pe et j’ai déjà prêé 600 fois certaines pièces ont été demandé plusieurs fois et cette collection dans ce côté singulier fux est un objet qui est très demandé par des gens qui veulent faire une

Exposition dans un principe tout à fait et donc je pense que c’est peut-être ça qui peut nous sauver c’est de trouver un moyen pour que une collection ne soit pas à l’identique de des à ce sujet rebondir sur ce que vous disiez dans un autre vous disiez le muse imaginer le musée de

Demain enison une interview comme une superette au coin de la rue ça potentiellement quelque chose qui serait j’ai dit ça je donner la sur le site en plus il est jeure mais vous aussi vous le faisiez c’était la conclusion d’ oui oui mais je peux rebondir là-dessus le le je

Suis bien d’accord avec Laurent pour dire que il faut prêter évidemment faut que les œuvres circulent les détenir c’est c’est pouvoir en faire profiter le le le plus possible c’est de plus en plus difficile d’emprunter et de prêter prêter c’est facile si on prend le le risque toutes

Les œuvres qui voyagent sont fragilisées c’est vrai quel est le le premier risque pour l’art c’est les visiteurs c’est les regardeurs qui sont le principal risque pour l’ et le vandalisme c’est presque rien dans les dans les comment dire dégradation des œuvres c’est la distraction la naïveté l’arrogance la

Malignité des adolescents enfin toutes ces choses que nous connaissons bien donc chaque fois qu’on prête on fait courir un risque aux œuvres mais des œuvres qui ne courent pas de risque cour en tout cas pas le risque de contribuer à ce à quoi ils étaient voués hein donc

Il faut les prêter c’est ça que je voulais dire ensuite la question de la de la collection euh plus le temps passe plus plus plus je le regarde différemment voilà quand on a ouvert le musée on avait pas de collection l’association des amis qui enfin qui avait milité pour que ce musée

Existe nous a offert 80 pièces c’était pas mal mais bon c’était comme si comme ça mais il y avait quelques très belles pièces et aujourd’hui nous détenons en propriété inaliénable plus de 3000 pièces mais il y a des grandes et des petites hein il faut pas mais plus de 3000 pièces

Euh dont dont dont on peut penser que presque les 2 tiers ont été donnés et un tiers a été acheté donné par les artistes donné par des gens qui avaient l’intention de nous faire plaisir mais en tout cas d’enrichir les collection publique et puis nous possédons plus de

3500 œuvres qui sont déposées au Musée sans conditions d’exposition sans sans restriction et qui proviennent d’une centaine de source privée et publique fondation privée fondation publique artiste collectionneurs ces dépôts sont stables à 8 % depuis 20 ans donc et puis nous avons un accès extrêmement aisé au aux autres collections publiques

Du canton de Genève musée d’arrê d’histoire fond municipal de décoration fond cantonal de décoration c’est c’est des collections d’arts contemporains en fait ça fait trois sources supplémentaires voilà alors déjà pour moi c’est et puis nous avons un accès très facile à toute une série de collections privées à Genève où il

Suffit de téléphoner en disant je j’ai besoin de telle pièce est-ce que je peux venir la chercher voilà parce que c’est des gens qui sont fédérés autour du musée donc on on travaille largement avec plus de 15000 pièces si on veut disponible en théorie donc on a

L’embarras du choix si je puis dire mais pour moi c’est ça la collection la collection c’est c’est premièrement l’ensemble des œuvres avec lesquelles nous pouvons travailler dans sans délai et sans conditions pour produire nos expositions c’est pas les œuvres que nous possédons c’est tout ce qui nous est accessible disponible librement et

Généreusement mais et là j’ouvre une une une fausse parenthèse hier je parlais à Toulouse de de Paul de vautour qui a été qui est quelqu’un qui compte énormément à mes yeux comme vous pouvez savoir et qui a marqué je pense Nice et la ville à Arson beaucoup et et dans un texte

Euh dans son allocution sommaire que vous connaissez peut-être qui cette petite vidéo de 7 minutes 30 que je recommande à tout le monde comme antidote au musée et à l’exposition il il conclut à peu près en disant le l’ il y a plus lieu de faire des expositions

C’est son point principal il développe ce point depuis longtemps et il dit l’exposition est né en même temps que les grands magasins et elle elle s’achève en même temps que apparaît le commerce en ligne je trouve très très belle cette formule il y a toute une part de l’art

Qui se développe hors de l’exposition il y a de plus en plus de propositions au nom de l’art qui se développent autour de l’exposition mais en même temps l’ a été le mode d’existence d’apparition de formulation de production de l’art depuis les grands magasins c’est-à-dire

En gros depuis la deuxè moitié du du 19e siècle donc l’histoire de l’exposition est une histoire courte et c’est aussi une histoire déjà très fragilisée dans dans son présent et c’est l’histoire même de la production de l’art moderne et contemporain et en même temps on a l’histoire les historiens de l’art il y

En a parmi vous mais je ne les mets pas en cause pour l’essentiel ont écrit l’histoire de l’art moderne comme histoire des œuvres Histoire des artistes et jamais histoire de l’exposition le trou noir de l’historiographie c’est l’histoire de l’exposition on connaît très mal les expositions du 19e siècle du 20e siècle

On en connaît quelques-unes parce que par hasard elles sont documenté ou tout le monde fait des cours interminables sur l’expo d’AD de Berlin et ben on a deux photos il y a 7 h photos sur l’ il y a un peu plus il y a une douzaine de vraies photos utile sur l’expo

International du surréalisme de 1900 38 c’est tout et c’est une expo des mieux documenté quelles sont les les seules expositions systématiquement documentées au 20e siècle c’est les expositions de la maison de l’art allemand à Munich c’est-à-dire les expositions naz c’est les expositions les mieux documentées et allez voir sur le site du

House derkst c’est absolument génial moi j’ai j’ai travaillé sur ces gros classeurs qui maintenant tout ça est numérisé vous pouvez vous promener dans toutes les les grandes expos les grosses àtelung de l’AR allemand organisé de de 30 depuis ARTT Kunst jusqu’à jusqu’à la fin la chute du Reich et bien vous

Pouvez vous promener dedans on les connaît par cœur parce que on a l’archive les autres on a pas on a une photo par-ci par là parce que c’est passé dans un magazine parce que voilà et donc nous vivons sur une connaissance historique qui qui a fait pour l’essentielle abstraction des conditions

De la production historique des objets qu’elle étudie alors ce que je veux dire maintenant à propos de la collection la collection d’un musée d’une institution qui fabrique des expositions et des situation expositionnelle et bien c’est aussi l’ensemble de ces situations expositionnelles et notre devoir c’est de les mémoriser et de travailler avec

Ces éléments de mémoire comme un matériau je veux dire par là que nous enfin moi je considère au Mamco que nos expositions sont un répertoire que je réactualise régulièrement et enfin et pour terminer et revenir à Paul de vautour qui a été quand même je pense le premier à formuler que le mode

D’existence principal de l’œuvre d’art c’était le mode conversationnel hein et bien je pense que la collection du Mamco c’est aussi l’ensemble des souvenirs qu’en emportent les visiteurs et des conversations que nourrissent ces souvenirs la collection c’est pas un une liste de pièces écrite sur un inventaire avec des restaurateurs qui veulent pas

Qu’on y touche c’est l’ensemble du processus d’existence de l’œuvre d’art dans la cité c’est ça ce que j’appelle une collection c’est ça réinventer le musée pour moi et c’est ça qui me faisait poser la question effectivement cette question de territoire dont vous parliezction d’une collection et de la

Façon de le diffuser parce que effectivement ce que vous disiez dans l’interview dont je parlais tout à l’heure c’est que effectivement euh le lieu du musée de la grande ville qui regroupe ces propositions là pouvait tout à fait exister néanmoins et vous l’avez mis en place avec le MVE un

Programme hor mur qui continue de de fonctionner aujourd’hui qui fonctionnera encore demain euh c’est justement le fait que peut-être ce que les fracs aurait pu ou mettre en place dans une certaine mesure en France c’est à la fois cette présence sur le territoire avec un établissement mais aussi une

Diffusion dans des établissements plus ou moins grands plus ou moins en coin de la rue de chacun comme cette super tout à l’heure et qui pourrait être le point le trait d’union entre le tout un chacun et euh le le visiteur habituel du musée celui auquel

On donne rendez-vous et on sait qu’il va venir il est là ce soir mais celui qu’on a pas habituellement il faut qu’on aille le chercher donc là par exemple il se trouve qu’il y a une vidéo qui tourne en boucle dans la rue ce soir et qui qui

Qui qui donne le message d’ d’un artiste et audelà de ça la façon dont nous-même on a voulu dans une certaine mesure le le le le mettre en scène et lu donner un sens qui serait autre dans une certaine mesure mais euh ces outils là est-ce que vous

Pensez que on on a encore des choses faire par rapport à ça est-ce que ça est-ce que est-ce qu’on s’est raté dans une certaine mesure aussi est-ce que il faut l’inventer le réinventer ou est-ce que c’est c’est c’est je pense vous parliez des FRAC c’est vrai qu’on a

On a connu le le la création des des des FRAC et que en tout cas je je par pour moi je crois qu’à ce moment-là et surtout dans dans la partie francophone du de la bie on a vu ça comme comme une sorte d’utopie extraordinairement généreuse puisque nous nous n’avion rien

De fait tu une expo j’avais c’était très curieux en fait c’était une expo où j’avais réuni des pièces du FRAC non pas de calé et du FRAC Ronald Ronald euh et c’était très curieux parce qu’en fait pour deux raisons complètement opposées c’était parmi les fracs les les

Plus importants de France tout au début les deux raisons opposées étaient cellees-ci c’est que l’État si tu tu me corriges si je me trompe mais en gros l’État français donnait un Fran si la région donnait un franc pour l’acquisition des de raisons complètement totalement à peu près un

Peu caricatural mais c’était à peu près à peu près ça pour deux raisons diamétralement opposé c’était parmi les collections les plus riches et les plus extraordinaires et nous c’est vrai moi je me soui nous avons vu ça comm une sorte de de moment de d’utopie extraordinaire surtout avec

L’idée que il n’y avait pas de lieu de de conservation enfin si de conservation mais pas de propriété que les choses devaient circuler dans des écoles des machin enfin euh la superè quoi un petit peu ça après bah on voit que les choses vont vont tourner différemment puisque

Maintenant tous les FRAC cherche à à concrétiser un un bâtiment qui se dispute un peu tous entre eux la musificationou la réunion des régions ça crée des problèmes de personne enfin bon on est de nouveau dans un un problème mais mais seulement moi je je continue à croire avec avec obstination je vais

Donner un tout petit exemple à la nécessité de la collection qu quelle que soit la formule qu’on va lui donner parce que quand je travaillais au palais des beauards de Chav donc j’ai j’ai travaillé là pendant 22 2 ans et euh donc il y avait pas de collection du

Tout Ctait juste un lieu de d’exposition temporaire et disons à la fin de ma carrière là-bas on parle je parlais avec une personne d’une exposition par exemple Paolini que j’avais faite en en 86 euh alors il avait trois possibilités la personne pouvait me dire j’ai pas vu l’exposition

M je peux pasen ai pas de souvenir évidemment l’autre je l’ai vu mais je n’en ai plus de souvenir troisièmement beaucoup plus grave un jeune homme pouvait me dire je n’aurais pas pu la voir puisque je n’étais pas né et comme on avait rien conservé de ces expulions il n’y avait

Aucun moyen ou de ravouver le souvenir ou simplement de le provoquer de de d’animer le et c’est pour ça que je me suis dit que j’ai j’ai j’ai utilisé des stratagèmes pas très je suis pas plus fier mais qui ont fini par marcher en disant il est grand temps qu’on crée un

Musée c’est-à-dire un lieu où l’on va conserver des des traces un G dont je suis pas plus fier c’était que à chaque fois par exemple pour l’exposition des fracs je faisais la la la communication en disant c’est formidable la la Wallonie donc la partie francophone du pays à amusé d’un contemporain le seul

Dommage c’est que dans 3 mois il sera fermé bon j’ai fait ça TR qu fois et à la fin le ministre en CH m’a appelé il a dit bon ça commence à devenir un peu bête on a compris allez lancez-vous sur un projet donc finalement ça ça tch

Quand même voilà moation un peu un peu stupide non je sais plus exactement ce que j’ai pu dire à propos de la superérette mais mais ce que je crois C avoir voulu dire euh ça touche justement à cette question de du type de de taille de l’institution

Voilà je je je crois aux institutions de taille moyenne euh avec des budgets moyens et euh à leur multiplication de façon à tramer le territoire et à leur mutualisation aussi mais tant qu’on fera des musées pour montrer que le maire est puissant riche et intelligent et que les architectes n’ont

Rien à lui envier ça ne marchera pas voilà je pense qu’on peut travailler c’est pour ça que en venant ici je veux pas désespérer marieclaude mais je me suis dit voilà deux très belles petites unités de production et donc c’est intéressant c’est intéressant en soi de de de

Développer une réflexion sur le musée et sur la collection comme vous le faites de développer une politique d’exposition dans deux lieux alors après il y a sûrement d’autres problème qui se pose mais dans de lieux qui ont été réappropriés pour ça voilà et ils sont suffisamment appropriés pour qu’on y

Travaille très bien savez plus plus vous avez un grand bâtiment plus vous avez des problèmes de personnel vous avez des problèmes de maintenance vous avez des problèmes de comment dire retour sur investissement du politique donc vous vous ê vous devez faire du chiffre voilà moi je me souviens de conversation avec

Casper Kenig quand il dirigeait le musée loudville et qui m’expliquait que pour faire cette magnifique expo George brche qu’il avait faite ce jour-là il avait dû faire Mathis et brac ou brac et Matis parce que c’est parce que il fallait de toute façon qu’il ait un blockbuster à 300 ou

400000 entrées sinon il n’assurait pas son le fonctionnement de son mus musé donc c’était des expos qui n’avaient aucun intérêt que laaffiche il faut le dire enfin ou très peu d’intérêt sauf l’affiche et ça lui permettait de faire de temps en temps de financer des vrais expos vraiment travailler consacré à des

Artistes qui n’étaient pas bankable mais qui compte dans l’histoire de l’art voilà et les musées allemands sont entrés dans cette logique ils ont été par la hausse des coûts en personnel en gestion en entretien c’est considérable et et puis par la pression des élus ils ont été obligés de de fabriquer des expositions

Qui font du public faut le dire comme ça c’est vulgaire et donc pour faire ça ils se sont mis ensemble et donc les expos tournent et donc il y a un appauvrissement de l’offre il y a moins de diversité d’offres il y a moins de singularité d’offre et il y a un un

Appauvrissement de l’invention de la découvertes parce que c’est des expositions consensuelles et c’est dans les intervalles dans les creux qu’il faut regarder ce qu’ils font les musées c’est vraiment terrible il il faut le dire donc si votre budget reste limité on peut se plaindre tous les matins de

Pas pouvoir dépenser comme on veut mais on est moins sous la pression du politique on est moins sous la pression des puissances financeuses elles sont pas toujours politique la pression du marché aussi vous avez commencé vos activités beaucoup changé il a pourri notre existence mais c’est comme ça mais

Disons que les unités de production moyenne elles peuvent elles trouvent elles peuvent fabriquer leurs visiteurs elles peuvent fabriquer leur socialisation elles peuvent infuser la cité parce que elles ne sont pas l’otage ni des architectes ni des politiques ni du marché et elles peuvent s’engager dans des dans des

Enjeux de long terme par parce qu’il y a pas de plan de carrière pour les institutions moyennes c’est partage aussi mais moi je suis ravi d’avoir travaillé pendant ma carrière à charlesor une exposition d’un artiste à charlerer ne va pas lui faire gonfler son chiffre et encore Mo vraiment TR

Perdu parce que parce que par parce que nous sommes entrés dans le Maqui depuis depuis pas mal d’années que oui et que heureusement que nous avons des qu’il existe des lieux qui sont hors d’une d’une nécessité de l’actualité c’est beaucoup plus on travaille sur le fond du de

Notre métier vous savez moi je je vois aui le truc c’est sud de la magique alors tous les gens qui hab Bruxelles me disent c’est loin Bruxelles c’est pas plus loin de pour moi monter à Bruxell de ça paraît beaucoup plus VO Bruxell ornu est beaucoup plus longue que ornu

Bruxell allez savoir bon donc c’est très loin mais l’avantage c’est que tous les gens qui viennent viennent pour longtemps et donc on peut travailler d’une manière très différente puisque c’est loin il viennent pas il viennent pas pour 1 ils viennent pour 2h 3h donc le travail éducatif le travail de de connaissance

De transmission de la connaissance que nous pouvons organiser est beaucoup plus considérable que si on passe consommer vite fait une pièce dans un donc il y a toujours un revers à médaille euh et et finalement c’est pas si il faut pas prendre cet arti ni son terbo pour venir en [Musique]

Ru pas on n pas chez les sauvages s marche moi j’ai fait ça avec un copain qui m’a téléphoni je vous ai prévenu que j’allais bien raconter des histoires un Cain de B me téléphone un jour et je comprenais pas pourquoi il me téléphone

Il me dit mais je je dis il dit mais je suis allé à Hornu je dit tu me téléphones pour me dire que tu es venun ben écoute je je dis pas pas de problème chaque fois que j’irais à Bruxelles je te le ferai savoir je l’ai fait pendant

Une semaine il demandait pardon parce que j’y vais 10 FO donc mais arrête je dis non je veux pas arrêter je te préviens que je suis venu à Bruxelles pu que tu fais l’honneur de pré c’est complètement farfelu on est toujours loin et on est toujours proche d’autre choses c’est ridicule c’est qu’est-ce

Que c’est ni c’est proche de Monaco mais loin de Paris Paris est plus proche plus proche de chez moi que que d’ici donc de quoi parle-t-on on parle simplement de lieu où il peut on peut produire des expositions des rencontres j’ai beaucoup aimé je te remercie de C cette idée de

De l’ensemble des processus de conser de conversation c’est ça notre métier notre métier il en a pas vutre a pas si nous acceptons il faut il faut être précis un jour si on accepte d’être directeur ou ou travailler assistant peu importe dans un musé public on sait que cet argent vient du

Public via les impôts via je sais pas tous les trucs donc notre métier c’est de rendre au public ce qui nous a confie il y a d’autres métiers extraordinaire dans not domaine historien critique marchand galeriste artiste si vous en avez tout l’URE artist en truc extraordinaire transporteur restaurateur mais si on accepte d’être

Directeur d’un musée publque c’est au public queon doit vendre par person je suis évidemment d’accord je je vrais je voudrais pas que vous pensiez que que que j’ai une conception élitiste de de l’activité muséale je crois que ce serait un contesens c’est je me bats au contraire pour pour atteindre d’autres cibles que

Que ceux qui me ressemblent mais ça n’est pas simple et on le fait pour ça mais ce que ce que je voulais dire quand quand j’évoque tout ce qui m’ quète quant au devenir du musée au-delà de de des problèmes spécifiques du musée d’art contemporain qui est aujourd’hui face à une situation

Artistique tellement exponentielle tellement indiscernable dans sa quantité la multitude d’offres d’activités artistiques à la surface du globe plus personne jamais ne pourra prétendre en avoir l’appréhension Charles raconta raconta un jour que que ça avait frappé les esprits euh quand en 82 la Documenta de Rudy fous quand Rudy fous était descendu jusqu’à

Napes l’artiste le plus au sud de la Documenta il était napolitain et mais ça avait déjà été un geste qui avait été remarqué en disant ou c’était plus seulement les quelques capitales d’Europe et l’Amérique du Nord il était allé jusqu’à Naple alors vous imaginez aujourd’hui c’est un métier dans lequel on est

Sûr de manquer des choses qu’on aurait pu adorer et que de toute façon on on aura même pas l’idée de l’ensemble global de l’offre ça donc on est perdu d’avance donc c’est il faut se contenter de de ce qu’on sait faire et c’est pas facile et et de de ce point de

Vue on sera toujours en défaut alors à propos des collections je vais encore ajouter quelque chose je reviendrai les les les collections ce sera d’abord l’histoire de notre goût ensuite ce sera l’histoire de la chance qu’on a eu et enfin ce sera l’histoire de quelques moments de discernement

Et mais il faut pas se leurer non plus he c’est comme ça parfois des il y a des coups on a plus de chance d’autres on a plus de discernement mais on ne peut pas le savoirin on peut pas savoir et ceux qui croient le savoir ils se mettent le

Doigt dans l’œil et donc il il faut être aussi serein vis-à-vis de ça et il faut libérer le musée de cette angoisse du chef-dœuvre SO wat en plus l’activité artistique est plus du tout orientée autour d’idée de chefdœuvre de temps en temps comme ça ça cristallise quelque chose que on peut appeler chefdœuvre

Mais finalement j’ai perdu le fil de ce que je voulais dire et et je vais donc me taire tout de suite ça me reviendrare aussi proposer s’il y a des questions ici aussi l’occasion si vous avezprjetusine sur quelque chose qui vous aurit dit je me demandais si avait

Pas une contradiction dans la question de conserver de l’art contemporain par essence et souvent la bille souvent pe pine comment est-ce qu’on appr ça çaige est-ce qu’on accepte est-ce qu’on peut aussi accepter que les hommes je suis je suis intimement persuadé que c’est une un hasard ou une hérésie que

L’on conserve des dessin de des carnet de croquy de Léonard de Vinc euh ça n’aurait pas de raison d’être pérenne euh donc certaines œuvres parce qu’elles utilisent des euh des des matériaux on va trouver euh les restaurateurs vont trouver les les moyens de les là où où les choses

Deviennent plus subtiles et c’est ça qui est tout à fait intéressant dans dans dans certaines propositions d’artiste c’est que l’intervention de l’artiste fait partie de l’œuvre et là ça pose des questions très très intéressante c’est-à-dire à la mort de l’artiste qui peut reconduire l’uvre ou est-elle est-elle reconductive peut-être s’arrête-elle avec le décès

Du du créateur ù où il délègue à quelqu’un mais à la de ce quelquun qu’en estil et nous avons moi dans la collection plusieurs pièces comme ça et je viens d’acheterf on du tout nous venons d’acheter une pièce de de Christian bans qui nous une dernière pièce énorme

Sublim et il dit je je vous vends une partition je vous vends une partition au même titre que l’on on s on acapare une partition de de l de de n’importe qui et que l’interprète l’ajoue différemment il dit voilà je vous voir la partition et vous l’interpréterz et un jour elle sera

Bien interprété et le lendemain elle sera nux interpr ça dépend du qui tient l’arché du voilà et ça c’est assez rare parce qu’il y a d’autres affices qui ne veulent pas pas entendre parler de cette question disant ça S avec mon d oui les vuves se chargent non c’est un trop vaste sujet

C’est un trop vaste sujet Catherine il y a des œuvres dont dont qui comporte en elle le protocole de leur disparition soit qu’elle soit immensément fragile soit que je sais pas on a acheter une pièce de Pierre Olivier Arnaud on peut la réaliser 100 fois mais

Pas sans une voilà donc on la réalise parsimonieusement mais un jour viendra où probablement dans longtemps parce que j’imagine que mes successeurs vont penser comme moi mais en même temps si on la montre pas ça a pas de sens donc c’est c’est un exemple mais il y a

Beaucoup d’autres exemples le le plus difficile c’est la question des arts installatifs ça c’est vraiment très difficile parce que quand l’artiste disparaît la catastrophe commence ça veut dire regarder buuss aujourd’hui c’est plus possible quasiment voilà il y a presque plus un seul endroit au monde où on peut voir une installation de bus

Comme bu les faisait euh pareil pour brut TER c’est la grande obsession de sarquis de penser que va-t-il se passer après moi qui va interpréter donc c’est comme ça que j’ai fait la rétrospective avec lui parce qu’il voulait enfin il a voulu que je mette en scène son travail pour voir ce

Que ça ferait quand il serait mort c’est il l’a dit comme ça c’était un terriblement difficile pour moi évidemment mais par exemple son atelier au musée où il vient travailler plusieurs fois par an il est convenu qu’à sa mort on le confie à un autre artiste voilà donc pour qu’il poursuive

Au moins certains aspects de ce travail et qu’il en introduise d’autres voilà mais ça c’est des questions trop techniques et et euh nous sommes obligés d’assumer la contradiction que nous devons conserver ce qui n’est pas conservable voilà trouver le moyen de le faire alors on le fait plus ou moins

Bien les protocoles deviennent illisibles tout ce qui est numérique c’est le nombre de choses qui se perdent qui sont déjà perdu qui qui étaient encore fraîchees avanttiier tout ça c’est bien qu’il y ait des choses qui se perdent mais c’est bien qu’on lutte contre l’entropie c’est c’est notre job voilà même si c’est

Contre l’artiste d’une certaine façon euh sans aller jusqu’à violer le duc et c’est pas mal non plus on est obligé de de travailler dans cette contradiction non mais j’ai j’ai retrouvé le fil de ce que je voulais dire oui fr j’ai une pe question tout à l’heure tu parlais de de

Production exponentielle est-ce que ce serait pas aussi ça l’entropie on peut la penser comme ça oui oui on bien sûr il y a une accélération de l’énergie là c’est sûr mais je je peux pas dire plus que oui on peut le penser comme ça mais en même temps

C’est génial qu’il y ait tant de prod d’activités artisti en ce moment voilà je trouve que c’est c’est c’est impensable le processus de globalisation on est tous en train de lire des trucs là-dessus et d’essayer de comprendre la réalité de ce que c’est que la globalisation c’est extrêmement difficile à penser et des

Effets qu’elle produit des qui sont des effets multiples pervers ou pas pervers je donc nous nous traversion une époque absolument euh faramineuse de ce point de vue et la révolution numérique qui est contemporaine de cette globalisation engage une mutation anthropologique je vois pas de meilleurs mots pour dire ça c’est encore une

Métaphore mais ça va devenir une réalité qui change complètement la nature même du rapport de l’homme au réel alors les musées dans cette histoire n’en parlons pas et et donc c’est là où est mon inquiétude mais pas au sens je dire que que les choses s’arrêtent elles s’arrêtent l’histoire

On a vu mourir d’autres mais nous nous qui sommes titulaire de de d’un ralentissement de la disparition ça ne peut pas être serein pour nous mais le le la numérisation du du monde cette vampirisation par les pixels du monde c’est pas une une une une mince histoire

Et ça change le rapport au temps ça change le rapport à l’espace ça change le rapport à la concentration ça change le rapport à la mémoire je raconte aussi on a tous des histoires qu’on collepte mais mais j’ai été tout le monde le sait ce que je raconte mais parfois on le

Voit on n dit pas dans un article parfois on le voit je suis allé voir l’expo véasquez à Paris qui était si belle si magnifique et j’y suis allé un dimanche matin pour qu’il y ait peu de monde il y avait en fait pas pas beaucoup de monde en effet

Et des gens du dimanche matin c’estàd qu’il se lèv pour aller voir une expo donc des gens concentrés sérieux c’était pas lesécarts de touristes et j’entre dans l’exposition et je commence à regarder tableau après tableau comme un professionnel consciencieux et devant moi dans la file ENF c’est pas vraiment une file mais

Disons dans le flux devant moi il y a une femme avec deux enfants et cette femme est manifestement une bourgeoise très classe cultivée qui regarde les tableaux les uns après les autres avec beaucoup de soins qui lit les cartels qui lit les explications et a deux enfants

8 10 ans garçon fille mignon comme tout et qui avait chacun leurs tablettes et ils ont été dans une concentration parfaite dans la totalité de l’exposition et ils ont regardé toute l’expo sur leurs tablettes devant les tableaux c’est un fait et il vérifiait en en levant l’œil un instant que

C’était bien le tableau qu’ils étaient en train de regarder qui était devant eux et je et cette femme c’était vraiment quelqu’un qui avait soin de l’éducation de ses enfants qui étaient cultivés qui transmettaiit des connaissances qui emmenaient ses enfants un dimanche matin voir véasquez c’est pas rien et ils ont regardé toute l’explos

Avec leur et ils étaient vif intelligent je suis sûr qu’ils sont très bons en classe dans une école privée de haute gamme et ça va faire les maîtres du monde et c’est pareil avec les audioogides c’est pas seulement visuel quand on regarde les gens avec les audioogides ils sont comme perdus en

Eux-mêm ils sont extrêmement concentré et il ne regardent pas les c’est saisissanté à Paris c’est c’est un peu dommage ça j’ai pas fait cette expérience en effet mais voilà c’est ça que je voulais dire il y a une inquiétude quant à à la capacité de disposer d’une attention pour les choses

Mêmes il me semble que le champ de l’attention aux choses mêmes tente à se rétrécir dans les générations émergentes dans le monde génial en même temps qui est en train de s’inventer je je suis pas en train de dire que c’est une catastrophe simplement c’est une mutation et je prends pas toutes les

Mutations pour des catastrophes peut-être que je me trompe mais quand on mesure tout ce que l’imprimerie a changé en 3IS siècles on va dire he parce ça a été très lent le la diffusion de l’imprimerie dans le rapport de des hommes à la mémoire à la culture au

Savoir et cetera c’est c’est une révolution lente enfin c’est rapide 3 siècles à l’échelle de l’histoire de de la planète mais c’est c’est très lent la la c’est c’est en 30 ans que cette révolution se fait avec le numérique ça change tout là il y a un enjeu et le musée s’il

Se donne ça donne au numérique il il met la clé sous la porte nous sommes les conservateurs de la poussière que plus personne ne songera même à balayer sil y a d’autres questions je pense que c’est clairement la fusion de cette de cette soirée çair rentter le [Musique] muséeaut merci beaucoup merci merci

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