[Musique] bien avant tout je voudrais remercier l’amiral prazuk qui a fait le lien entre ma thèse dont nous avions brièvement parlé il y a un peu plus d’un an maintenant en marche des Rendez-vous de l’Histoire de Blois 2022 le lien entre ma thèse donc et les les mésaventures de de l’hermion et plus
Encore merci pour m’avoir associé aux échanges aux rencontres qui ont préparé la collaboration qui s’annonce entre l’association et l’Institut de l’océan alors les les difficultés que l’hermion a rencontré ces dernières années dont on reparlera ensuite la la propagation de différentes espèces de champignons linivor responsable de ce qu’on appelait au 18e siècle la
Pourriture des bois ces difficultés elles font directement écho à cell connu sur une plus grande échelle par la marine de louis- XV au temps où le comte de morpa en était le ministre c’est dire entre 1723 et 1749 soit la période que j’ai étudié pendant ma thèse alors je m’empresse de
Dire que ça n’a rien de de bien étonnant parce qu’en fait ces difficultés ce fléo des champignons ligivor c’était une difficulté tout simplement structurel pour les marines de l’air pré-industrielle dont les navires étaient presque intégralement construits en bois de chaînne massif et non traité
De ce point de vue à mon avis ce qui est arrivé à l’hermion est en quelque sorte un G de la qualité du travail de reconstitution qui a été mené lors de sa construction c’est bien une fidèle réplique de navire du 18e siècle et exposé au au fléau qui touchaient les
Navires de cette époque alors ce que je vous propose ce matin c’est de remettre en perspective dans la longue durée les problèmes de l’hermion et pour se faire d’envisager la période morpa donc en gros le second quart du 18e siècle comme une étude de cas ou pour
Mieux dire un cas d’école de ces difficultés et je commencerai par quelques remarques introductives pour bien cerner l’importance du problème dans les sources dont je me suis servi pour ma thèse euh qui commence en 1715 la question de la pourriture des bois ne commence à être évoqué avec insistance qu’à partir des
Années 1726- 1728 qui correspondent à une véritable prise de conscience pour le ministre et ses collaborateurs c’est le moment où on voit se multiplier euh dans la correspondance du ministre les cas de vaisseaux considérés comme neufs ils ont tous été mis en chantier dans les années 1719 1720 et suivantes
Euh et qui sont déjà considéré hein vers 1726 1728 comme pourri hein c’est le terme qui euh apparaît euh dans les sources pourri c’est-à-dire hors de service hors d’état d’aller à la mer un vaisseau qui euh a un nombre de pièces euh significatif euh pourri atteint par
La pourriture on ne peut plus l’envoyer à la mer parce que il risquerait de s’ouvrir de de sombrer alors en soi et je voudrais insister sur ce point ce phénomène de la pourriture n’a absolument rien d’inédit à cette époque c’est au contraire une réalité qui est
Tout à fait banale et familière les bois de marine en tout cas les bois de chaînne finissent presque toujours par pourrir je crois pas qu’il y ait eu une époque en fait avant l’ère industrielle euh où ça n’est pas été le cas au 18e siècle on sait donc très bien que le
Bois pourri on s’y attend et on l’intègre même dans le calcul des dépenses de la marine dans un mémoire de 1732 par exemple morpa explique au roi de France Louis XV qu’un vaisseau bien entretenu peut durer 20 ans alors on reviendra sur cette espérance de vie euh à condition dit-il d’être radoubé tous
Les 4 ou 5 ans ce qui signifie quatre ou CIN fois dans son existence et qu’est-ce que c’est qu’un radou et bien un radou c’est une opération d’entretien qui consiste justement à ôter les pièces de bois pourri et à les remplacer par des pièces saines à condition qu’on puisse
Retirer ces pièces pourries sans déconstruire tout le vaisseau au bout de 20 ans d’après morpa un simple radoube ne suffit plus et il faut ou bien condamner le vaisseau c’est-à-dire le détruire et le remplacer par un vaisseau neuf ou bien le refondre c’est-à-dire le reconstruire à moitié voire au 3/4 et là
On va retirer des pièces atteintes par la pourriture mais beaucoup plus euh beaucoup plus importante qui joue un rôle vraiment structurel dans la charpente ce sont ces fameux couples euh que le professeur Chaline vous a montré tout à l’heure he ces grandes pièces de bois en forme de fer à cheval qui sont
Posé sur l’quille quand ces membres sont atteints là on est obligé d’en passer par la refonte c’est une véritable reconstruction partielle du vaisseau alors c’est ce ce cycle de vie et ces rythmes d’entretien ça permet au ministre de la Marine qui vraiment les les prend en compte de manière tout à
Fait courante euh ça permet au ministre de la marine de d’estimer par avance le nombre et le coût des travaux de construction et d’entretien à effectuer chaque année pour un nombre de vaisseaux donné donc le problème vers 1726 1728 ça n’est pas l’apparition d’un phénomène nouveau il est connu parfaitement
Intégré le problème c’est que les vaisseaux neufs ceux qu’on vient de construire pourrissent beaucoup plus vite qu’on ne s’y attendait au bout de 5 ans environ beaucoup de ces vaisseaux sont déjà à refondre avec des conséquences qui sont évidemment très lourde pour une marine dont les effectifs et les dépenses à cette époque
Sont réduits au strict minimum le professeur Chaline parlait des dépenses à la veille de la guerre d’indépendance américaine bon 20 millions de livres tournoi dans la première moitié du 18e siècle ENF le second quart du 18e siècle les dépenses de la Marine sont de 9 millions donc c’est vraiment une marine
Qui est qui est à l’Osse donc on a tout simplement pas les moyens financier mais aussi humain matériel en terme d’infrastructure on n’ pas les moyens de remplacer ou de refondre les vaisseaux à un tel rythme ce qui signifie qu’on risque de voir le nombre des bâtiments réellement disponibles s’ffondré en l’espace de
Quelques années à une époque où la menace d’une guerre n’est jamais très éloignée donc tout ceci pour vous dire he qu’il ne s’agit pas avec la pourriture et les champignons lénivores d’un problème mineur secondaire technique mais potentiellement d’un véritable enjeu stratégique et c’est ce qui explique pourquoi ce phénomène devient à partir
De 1728 l’une des principales préoccupations du ministre qui est bien décidé à en comprendre la cause et surtout à en venir à bout alors ce que je tâcherai de vous expliquer maintenant c’est d’abord comment on interprète ce phénomène à l’époque de morpa quelles sont les mesures que l’on
Prend pour le combattre et enfin on en verra les résultats alors à première vue la lutte contre les champignons mininivor par pardon est assez mal engagé vers 1730 dans la mesure où on a encore aucune idée non seulement de la cause directe mais même de la nature du mal alors
C’est quelque chose que j’avais compris superficiellement rédigant mathè mais c’était en faisant le le constat si vous voulez que dans les sources qu’ell soit manuscrit he les archives de la marine ou les sources publiées y compris des écrits de de grand savant du 18e siècle on ne parlait absolument jamais même à
Titre d’hypothèse de champignon linivore de champignons qui serait responsable de la décomposition de la biodégradation du bois alors depuis j’ai un petit peu creusé la question et j’ai fini par comprendre je ne suis pas du tout un scientifique he mais un littéraire 100 % purju j’ai fini par comprendre qu’aux
Alentours de 1730 la myologie donc la science des champignons était encore balbuciante certes on se passionne pour les champignons on les décrit très précisément on les nomme on les classe on les observe même au microscope mais on est encore très hésitant sur des questions fondamentales comme par exemple leur reproduction alors en
1729 un savant italien pierre Antonio Michelli réaffirme une thèse déjà ancienne suivant laquelle les champignons se reproduisent au moyen de sport mais ça laisse beaucoup de scientifiques de son temps sceptique beaucoup s’accrochent s’accroche pardon à la thèse de la génération spontanée euh hésitation aussi sur le statut qu’il convient tout simplement d’accorder au
Champignon dans la nature euh alors dès 1719 dallen a proposé de les classer dans une catégorie à part du vivant celle des fungis mais la plupart des savants de son temps continuent à les considérer comme des plantes y compris comme un certain Antoine dejusciieux justement dans les années 1728
1730 et pour le problème qui nous occupe à savoir celui des champignons linivor ceux qui s’attaque au bois et il y a un véritable angle mort une véritable cécité qui peut sembler très surprenante avec le recul alors bien sûr on observe que des champignons croissent sur le
Bois mort et même parfois sur des arbres vivants alors c’est ce que vous voyez ici là vous avez de magnifiques représentations des planches d’un certain obrier réalisé en 1730 sous la direction d’Antoine de juusciieux qui était à cette époque professeur au Jardin des Plantes donc on voit bien que
Des champignons croisent sur du bois mort on n’est pas aveugle on en trouve aussi qui se développe sur du bois de charpente y compris sur des vaisseaux en chantier ou à la mer euh justement quand le bois pourri c’est qu’on voit bien le bois pourri on voit bien les champignons
Euh mais aussi surprenant que cela puisse paraître on ne fait pas le lien ou en tout cas on ne fait pas le lien dans le le bon sens celui qui en tout cas nous nous apparaît aujourd’hui comme le bon sens au 18e siècle la présence de
Ces champignons sur du bois du bois mort du bois pourri est interprété non pas comme la cause l’origine du mal mais mais au contraire comme sa conséquence ou son symptôme c’est parce que le bois pourrit que le champignon y trouve en quelque sorte un terreau favorable et se développe alors la pourriture elle-même
Du bois sa biodégradation elle s’explique aux yeux des contemporain de morpa par ce que je décriraiis comme un processus interne au bois qui est décrit en terme de fermentation et la fermentation c’est une notion qui occupe depuis le 17e siècle une place centrale dans dans le discours scientifique et
Médical la fermentation c’est une sorte de bouillonnement dit-on à l’époque qui se produit dans un corps naturel dont les éléments constitutifs et notamment les humeurs c’est-à-dire les fluides entrre pour ainsi dire en ébullition dans certaines conditions notamment de chaleur et d’humidité et ce bouillonnement produit un échauffement qui entraîne la décomposition et enfin
La putréfaction de ce corps naturel alors je ne sais pas pas au juste quand ce raisonnement a été appliqué à la pourriture des bois de Marines mais il semble que cela remonte au moins aux années 1680 en plein rène de Louis XIV en tout cas c’est exactement la façon
Dont on comprend encore la chose vers 1730 dans la marine de Louis XV si le bois des vaisseaux pourris c’est parce qu’il est enfermé à l’intérieur d’une coque où l’air circule mal et où il fait relativement chaud et surtout très humide nous y reviendrons alors dans ces conditions humidité dont le bois
Lui-même est imprégné et surtout la sève s’il en reste et bien aux yeux des savants elle ne peut plus s’évaporer et elle entre en fermentation et elle provoque la pourriture du bois qui est donc une sorte de putréfaction ce qui fait quand même irrésistiblement penser
À la façon dont on décrit la gangrine à la même époque provoqué par la rétention ou la stagnation dans un membre d’un excès d’humeur qui se met à fermenter sous l’effet combiné de la chaleur et de l’humidité donc vous voyez qu’on a en plein siècle des Lumières jusque dans
L’Encyclopédie de didro et d’alambert une explication en quelque sorte anthropomorphique du phénomène qui fleur encore bon la théorie des humeurs alors j’en profite pour faire une petite contribution très modeste à l’histoire des sciences qui pourrait peut-être nourrir des recherches dont je ne suis pas du tout capable moi-même je me suis
Rendu compte que cette explication du phénomène par la fermentation que personne ne contestait en 1730 qui était normal à l’époque elle a eu la vie par particulièrement dur en France pour des raisons qu’il serait peut-être bon d’expliquer un jour alors prenons le cas de d’Henry Louis duamel du Monceau qui
Est l’un des grands savants du siècle on en parlait tout à l’heure un savant que morpa a fait entrer à l’Académie des Sciences justement en 1728 et à qui il confie à cette époque la tâche de mener des recherches très étendues sur le bois une trentaine d’années plus tard duamel
Du Monceau publie en trois volumes paru de 1764 à 1767 on a envoyé les gravures tout à l’heure le résultat de ces recherches qu’il appelle son Traité des forêts et bien dans ce traité paru après plusieurs décennies de recherch du Hamel du Monceau reprend très exactement cette
Explication hein par les humeurs par la fermentation de la pourriture du bois alors ce qui est surprenant c’est qu’au même moment les naturalistes britanniques eux commencent à s’intéresser de plus près à la même question à ce qu’ils appellent la pourriture sèche le dry rot parce que c’est le disons l’aspect que le
Phénomène finit par donner au bois il réduit le bois en poudre en poussière et vers 1790 les naturalistes britanniques ont parfaitement compris par exemple James serby que vous voyez ici ils ont parfaitement compris qu’il fallait renverser l’explication et que ce sont des champignons linivores comme la mérule pleureuse alors qu’on voit sur la
Diapositive suvante he ce sont deux planches de James Overby publié à l’époque de la Révolution française et vous voyez à gauche boletus lacrimir qui est le nom qu’on donnait à cette époque à la mérule pleureuse donc ce sont des champignons ligivores qui décompose le bois alors il faut attendre quelques années encore
Pour qu’on applique ces connaissances nouvelles dans les arsenaux britanniques mais en 1811 ces choses faite avec la visite restée dans les anals de la Royal Navy du vaisseau la Queen Charlotte justement par James Erby àlimous et dans ce vaisseau complètement pourri 1 an après son lancement et bien Jamesby
Mesure sur l’humidité à bord avec un hiigromètre instrument très moderne à cette époque-là il trouve plus de 82 % d’humidité à l’intérieur du navire il prélève des champignons et il en identifie plusieurs sortes plusieurs espèces alors dont je vous livre les noms sans savoir vraiment quoi en faire
Moi-même mais enfin pour ceux qui sont compétents ça ça pourra peut-être être utile alors en France et bien c’est le scepticisme qui prévaut hein on a connaissance au plus tard vers 1815 des découvertes qui ont été faites outre Manche et de leur application à la construction navale mais on s’accroche à
L’explication traditionnelle celle de la fermentation des bois et c’est encore l’explication qu’Antoine Joseph de Freminville un polytechnicien qui enseigne la construction navale aux futurs ingénieurs de la marine privilégie dans la première moitié des années 1860 donc sous le Second Empire voilà vous voyez le le retard qui qui
Est pris et je n’ai pas poussé mes recherches plus loin il faudrait voir quand cette hypothèse a définitivement été abandonnée en somme morpa est confronté en 1730 à un phénomène que ni lui ni ses contemporains ne comprennent véritablement et qui était manifestement à 100 lieu de la façon dont même les
Plus grands savants de son temps envisageaient les choses au moins en France pour autant euh et c’est sans doute l’une des raisons pour lesquelles l’explication traditionnelle a pu si longtemps se maintenir les facteurs sinon la cause de la biodégradation du bois sont bien compris c’estàdire que c’est l’humidité euh une chaleur
Relative le manque de ventilation à l’intérieur des coques qui favorise la pourriture et qu’il faut limiter pour rallonger la durée de vie des vaisseaux ça on le on le comprend quand même assez bien alors reste à savoir et ce sera mon second point où et comment intervenir he
Ce qui implique de comprendre d’où vient le problème autrement dit ce qui dysfonctionne dans la construction navale française de l’époque or dans les années 1727 1730 morpa met successivement en cause différentes étapes de ce que nous appellerions aujourd’hui la chaîne de production alors il met en cause différentes étapes mais malgré tout en
S’intéressant à un aspect du problème qui est celui du degré de séchage des bois alors assez rapidement le ministre se persuade que l’origine du mal réside dans l’usage qui a été fait faute de mieux de bois encore vert là encore on en parlait tout à l’heure pendant la
Construction de ces fameux vaisseau neuf hein qui sont entièrement pourris à la fin des années 1720 je n’entre pas dans les détails mais ça paraît crédible effectivement ces vaisseaux des années 1720 sont construits à une époque où on est très pressé de rebâtir une marine
Mais où on n’ pas de bois en stock dans les arsenaux et donc on construit avec un arrivage à flu tendu en quelque sorte de bois qui arrive des forêts et ce sont des pièces encore vertes qui sont mises en place alors bon construire un vaisseau avec du bois vert ça consiste à
Entreposer du bois vert dans une cave humide bon le résultat étant évidemment catastrophique donc donc la première décision de morpa à partir de 1730 c’est de suspendre pour quelques années les constructions et puis d’utiliser les fonds prévus à cet effet pour constituer d’importants stocks de bois dans les
Arsenaux et leur laisser le temps de sécher avant de faire de nouvelles constructions alors le raisonnement paraît imparable hein avec du bois parfaitement sec en tout cas débarrassé de de sa sève on limite à priori les risque de le voir pourrir donc c’est une époque où on passe d’importants marchés
De fournitures de bois y compris à l’étranger en Laurine et en Italie pour approvisionner les arsenaux français en boî dechaînne un matériau qu’on a de plus en plus de mal à se procurer à cette époque donc il y a un très gros effort qui est fait pour constituer d’importants stocks de
Bois dans un second temps laattention de morpa se tourne assez logiquement vers les conditions de stockage de ces bois dans les arsenaux alors vérification faite il s’avère que chaque Arsenal a à ce sujet des pratiques spécifiques qui dépendent du climat des infrastructures disponibles et des traditions locale
Hein ce qu’on fait à Toulon on ne le fait pas nécessairement à Brest ou ou à Rochefort le premier réflexe de morpa qui est d’inspiration colbertienne c’est de faire bâtir dans tous les arsenaux de grands hangars à bois euh où on empilerait les pièces de manière très soigneuse par taille et
Ainsi on les mettrait à l’abri du soleil et des intempéries tout en maintenant une circulation d’air et on ferait sécher ses pièces de bois pendant euh un certain nombre d’années alors c’est pas les l’étape le c’est pas l’intervention la plus réussie de morpa puisque pour tout un tas de raisons que
Je n’ai pas le temps de détailler mais qui tiennent à la place dont on dispose dans les arsenaux au climat qu’il qu’il fait à Toulon ou à Brest et bien il n’y a qu’à roche-fort que ces grands hangars à bois seront construits et il faudra ensuite attendre la seconde moitié du
18e siècle le règne de Louis XV pour que les autres arsenaux s’équipent à leur tour de hangar pour pour stocker les pièces de bois enfin 3è type d’intervention plus en aval dans la chaîne de production les soupçons de morpas se porte sur la durée de la construction depuis l’époque de Colbert
Sous lei1 il y a une véritable obsession dans les chantier naval français qui est de bâtir le plus vite possible hein de de préférence en l’espace de quelques mois dans l’idéal on a une mise en chantier dans les premiers beau jours de l’année et un lancement qui intervient
Avant l’hiver et c’est exactement ce qui a été pratiqué depuis 1719 dans la construction de ces fameux vaisseaux ne9 alors dans ces conditions on se montre peu regardant le professeur Chaline vous l’a dit on met en place forcément des pièces qui ne sont pas suffisamment sèches et qu’on se hâte de
Recouvrir donc d’enfermer dans un espace qui ne sera plus ventilé et où ces pièces ne tarderont pas à pourrir alors cette pratique n’est pas celle de la Royal Navy qui au même moment fait au contraire délibérément traîner en longueur ses constructions euh un vaisseau en Grande-Bretagne reste
Facilement à cette époque deux ou 3 ans en chantier on le construit par étape sans compléter le bordage et le végrage donc on met d’abord en place les couples mais on ne les recouvre pas et on leur laisse le temps de sécher ce que les Britanniques appellent faire saisonner
Les vaisseaux hein on fait passer plusieurs saisons sur sur les chantiers et ça produit ou c’est censé produire de bons résultats en tout cas les vaisseaux britanniques ont la réputation à cette époque de durer plus plus longtemps que les autres alors c’est manifestement ce modèle britannique que
Morpa cherche à imposer à partir de 1730 en rompant avec les traditions qui sont celles de la construction navale française alors c’est c’est pas sans mal qu’il l’impose parce qu’il y a beaucoup de résistance c’est une époque où les les les hommes du métier défendent leur leur procédés ils sont très rétifs à
L’innovation parfois d’ailleurs avec d’assez bons arguments mais tout de même il y parvient c’est peut-être sa sa plus grande réussite finalement puisque d’abord à Toulon puis à Brest on se met effectivement au cours des années 1730 à bâtir des vaisseaux de manière échelonnée sur plusieurs années alors
Pour Brest il avait même été proposé à morpa en 1730 et ça c’est une innovation très intéressante qui qui portera ses fruits plus tard il avait été proposé de faire construire des cales couvertes par un toit d’ardoise donc ce qu’on voit ici pour garantir les vaisseaux de la pluie
Puisque bon faire sécher des vaisseaux à l’air libre à Brest n’est peut-être pas une excellente excent idée alors on a fini par renoncer au cales de construction couverte dans les années 1730 1740 ça aurait coûté trop cher mais l’idée a fini par faire son chemin et elle a été réalisée par gragnard un
Autre ingénieur de la marine à Rochefort en 1773 donc quelques années avant la construction de l’hermion et là ce sont les calecouvertes de Rochefort que vous voyez ici donc en quelques années un certain nombre de mesures assez fortes pour l’époque c’est vraiment une perturbation de des des habitudes et des
Pratiques un certain nombre de mesures ont été prises pour s’assurer que les vaisseaux seront désormais construits avec des bois bien sexes qui a véritablement été l’obsession de de morpa c’est le levier qu’il a pensé utiliser pour prolonger la durée de vie des vaisseaux avec quel résultat c’est la
Question que nous allons nous poser pour finir alors là c’est assez devant puisque ça ne porte pas du tout ses fruits en tout cas avec les vaisseaux qui ont été construits à Rochefort et à Brest pour Toulon c’est un petit peu par particulier mais le climat et la qualité
Des bois méditerranéens a dû jouer alors les vaisseaux les plus nombreux ceux de Rochefort et de Brest et bien dès 1744- 1745 c’est-à-dire les premières années de la guerre de Succession d’Autriche et bien on constate que les vaisseaux bâtis lentement avec beaucoup de précautions des bois bien secs dans les années 1730
Et bien ces vaisseaux n’ont pas une durée de vie sensiblement supérieure à celle des vaisseaux bâtis dans les années 1720 bon 3 4 6 ans tout au plus et ensuite une refonte paraî nécessaire alors c’est d’autant plus grave que cette fois-ci on est en pleine guerre et
Là on a plus le temps ni de les réparer ni de les remplacer ce qui signifie que c’est pour la marine une perte sèche hein et ça explique pourquoi pendant la guerre de succès de l’Autriche il y a un véritable effondrement des effectifs de la Marine qui au bout de deux campagnes
N’est plus en état de faire face à la Royal Navy alors c’est au point que le ministre finit par conclure de manière assez définitive de guerre Lass si vous voulez en 1745 que un vaisseau tout qu’ fait ne peut pas durer plus de 10 ans donc 4 ans
En bon état et puis ensuite un radouble tous les 2 ans alors par rapport aux ambitions affiché 15 ou 20 ans plusutôt c’est un terrible aveu d’échec et un aveu d’échec qui coûte extrêmement cher puisque ça signifie qu’il faudra construire et radoubé deux fois plus vite qu’on ne l’espérait dans le second
Quart du 18e siècle alors est-ce véritable ement un échec là je je je me le demande parce que euh avec un peu de recul il me semble et je je vous l’annonca à l’introduction qu’on a finalement jamais véritablement atteint une longévité sensiblement supérieure du moins en France pendant le 18e siècle on
Oscile toujours hein de 1700 à la fin du siècle entre 10 et 12 ou tout au plus 15 ans euh bon supposer que ça ne soit pas euh disons ce ce chiffre de 15 ans ne soit pas une estimation très optimiste un peu volontariste si vous voulez le
L’espérance de vie c’est plutôt 10 12 ans donc on serait tenté de croire que le seul tort de morpa finalement c’est d’avoir postulé au début de son ministère qu’un vaisseau bien entretenu pouvait durer 20 ans sans tenir compte finalement de réalités qui apparaissent avec le recul comme structurel pour
Cette époque alors cela dit il n’est pas impossible que le 18e siècle est correspondu un peu partout en Europe à une phase d’accélération du cycle de vie des vaisseaux l’idée qu’un vaisseau peut durer 20 ans euh morpan ne l’ ait probablement pas de son chapeau hein il se fondait je pense sur l’expérience
Acquise pendant le règne de Louis XIV dont son père et son grand-père avaient été les deux derniers ministres de la Marine et du temps de kbert dans les années 1670 1680 on tablait même sur une espérance de vie de 30 ans alors quand on passe la Manche on trouve à peu près
Les mêmes ordres de grandeur en Grande-Bretagne au début du 18e siècle on déplore que les vaisseaux qui duraient dit-on 30 ans autrefois et autrefois c’est le milieu du 17e siècle n’endure plus désormais au début du 18e que 14 et plus on avance dans le 18e siècle plus l’écart entre la Grande-Bretagne
Hein cette espérance de vie qui serait de 14 15 ans en Grande-Bretagne et puis de 10 12 ans en France et bien l’écart avec la France semble se réduire et à l’époque des guerres napoloniennees et bien il y a même une inversion c’est-à-dire que ce sont les Français
Qui disposent d’un avantage très net en la matière par rapport à une royel nevi qui est frappé de plein fouet vers 1800- 1810 par véritable flambé fongique le fléo de la pouriture sèche prend vraiment des proportions dentesques euh et euh c’est c’est le cas de le dire et l’expression
De pourriture sèche de dryrot qui se popularise à cette époque a fini par trouver son chemin jusque sous la plume de Victor Hugo donc vous voyez que bon le le cette appellation dentesque ce ce fléo dans la littérature romantique il finit par avoir une certaine une certaine popularité eu donc l’espérance
De vie vers 1800 de des vaisseaux de la Royal Navy elle tombe semble-t-il à 8 ans et là on est passé en dessous de l’espérance de vie des vaisseaux français alors comment expliquer une pareille dégradation des deux côtés de la Manche des causes climatiques ont été avancées dans le cas français les
Contemporains de morpa insista à tort ou à raison sur les effets du Grand hiver de 1709 qui aurait à l’orée du 18e siècle irrémédiablement gâté la qualité des arbres du royaume pour 100 ou 150 ans plus récemment un historien britannique Clive Wilkinson a invoqué une série d’ivers particulièrement doux
En Grande-Bretagne dans les années 1730 pour expliquer le développement des champignons liinivor alors il me semble plus convainquant d’invoquer une sorte d’accélération de l’histoire navale au 18e siècle qui exerce une pression croissante sur les ressources euh les ressources habituellement prélevées les ressources en bois elles s’épuisent et
Elles obligent à se servir ou bien d’arbres trop vieux et ou défectueux bon ceux qu’on voyait dans les planches de duamel du Monceau tout à l’heure et qu’on retrouve d’ailleurs je je les ai mis amiral si vous voulez bien passer à la diapo suivante alors je reviendrai sur ce
Bateau euh donc là ce c’est une planche de duamel du Monceau et vous avez bah trois arbres qui concentre l’essentiel des défauts qu’on peut qu’on peut trouver et qui ont été évoqués tout à l’heure c’est-à-dire les gélivures les arbres villés les arbres attaqués par des champignons les arbres qui ont une
Branche cassée qui favorisent une infiltration d’eau à l’intérieur du Tron et ainsi de suite bon faute de mieux on est obligé pour les plus grosses pièces de se servir de ces arbresl qui présentent des défauts et qui sont particulement vulnérabl au champignons voire à importer du bois en provenance
De régions toujours plus éloigné euh avec de de très grosses difficultés posées par les conditions de transport le bois qu’on transporte sur de longues distances c’est un bois qu’on fait flotter ou encore pire qu’on transporte à fond de cale et un bois humide qu’on transporte à fond de cale c’est un bois
Qui arrive dans l’arsenal déjà attaqué par les champignons déjà en train de pourrir et puis d’autre part au 18e siècle he toujours cette accélération de l’Histoire et bien il y a probablement avec la succession de conflits très intense et des flottes aux effectifs très impressionnant il y a sans doute je
Pense une certaine négligence qui s’est installée dans la construction et l’entretien des vaisseaux une sorte de mauvaise habitude prise en temps de guerre de travailler à court terme en produisant en quelque sorte des navires jetables qui sont destinés à être perdus ou remplacés en peu d’années alors inversement de 1813 à
1835 la Royal Navy de Sir Robert seppings euh qui a été surveilleur of the Navy pendant cette cette longue période à l’issue des gueres napooniennes et bien la Royal Navy serait parvenu non pas à éliminer la pouriture sèche mais à rallonger jusqu’à 20 ou 30 ans dit-on l’espérance de vie
De ses vaisseaux en généralisant certaines précautions et innovations alors une partie de ces précautions elles avaient été imaginées du temps de mort pas comme la construction sous des cales couvertes d’autres auraient été envisageable à son époque quoi que très coûteuse comme l’emploi de bois imputréible comme l’acajou dont on a
Parlé ou encore le cèdre et d’autres en revanche cor ond à des avancées qui sont permises uniquement par la révolution industrielle comme par exemple l’utilisation de pompes foulant pour faire rentrer en force dans tous les interstices de la coque du goudron qui empêche tout infiltration d’eau puis l’apparition de traitements chimique du
Bois notamment avec la créosote qui est découverte en 1830- 1832 qui est redoutablement efficace contre les champignons linivores avec ce petit désagrément que c’est aussi très toxique pour les équipages on peut pas tout avoir et et l’application de toutes ces précautions et innovations et bien elle donne je schématise un peu he c’est
Quand même un exemple assez exceptionnel mais elle donne ce que vous avez là c’est-à-dire une frégate britannique construite en 1824 toujours à flot à Dundy en Écosse sans avoir subi de refondte ou de d’opération de réparation majeure donc ce qui montre que avec certaines précautions on peut donner une
Longévité très importante à des vaisseaux en bois alors cela étant en France l’emploi de méth comparable au 19e siècle n’a pas du tout eu les mêmes effets hein dans les années 1860 on parle toujours d’une longévité de 10 à 12 ans donc vous l’aurez compris et ce ce sera ma conclusion au-delà de
Quelques années maintenir un vaisseau en bon état relevé véritablement de l’exploit au 18e siècle et il me semble qu’en l’état des techniques et des connaissances de l’époque on aurait pas pu faire beaucoup mieux que le résultat obtenu du temps de mort pas c’est-à-dire une décennie en moyenne peut-être faisait-on mieux au 17e siècle
Mais cela reste à prouver et à expliquer et les progrès qui ont pu être fait au 19e siècle l’ont été uniquement avec des moyens qui n’étaient déjà plus ceux de l’époque pré-industrielle y compris des produits chimiques hautement toxique et par ailleurs aujourd’hui interdit en Europe donc ce qui est arrivé à
L’hermionne n’a absolument rien d’infamant bien au contraire je dirais même égoïstementin comme historien que c’est des nous ont offert un grand moment d’archéologie expérimentale finalement grandeur nature on voit vraiment ce que ce que ça donne en vrai si jeose dire un bateau en bois après sa construction alors reste à savoir bien
Sûr comment il sera possible avec les connaissances et les moyens les techniques d’aujourd’hui de prolonger je l’espère indéfiniment l’existence de ce très beau navire [Applaudissements] est-t-il des questions pour Pierre Sylvie euh en sortant de la marine là on reconstruit toute la charpente de Notre-Dame est-ce qu’il y a de ce même
Type de question qui se pose pour la charpente de Notre-Dame euh h c’est une très bonne question c’est une très bonne question et c’est dommage je crois que nous devions avoir la participation ça avit évoqué un moment de quelqu’un qui était chargé du du chantier euh alors bah l’enjeu c’est d’arriver à
Trouver des bois présentant les proportions euh et euh et en même temps la la qualité la qualité voulue alors je me suis laissé dire que contrairement à ce que on imagine et contrairement à ce qui a été fait pour la reconstruction de la charpente de notre- dame on navait
Pas utilisé initialement dans la charpente du 13e siècle de pièces de bois de très grandes dimension mais en fait on en avait assemblé plusieurs bon ce qui montre qu’on peenit déjà à se produire des pièces de très grandes dimension ne présentant pas de défaut donc de ce point de vue-là on peut dire
Que les ressources qui ont été utilisées aujourd’hui bah sont en meilleur état que celles dont on disposait au Moyen-Âge ou ou au 18e siècle mais par contre B ce qui est remarquable c’est que cette charpente depuis le 13e siècle elle n’avait pas pourri alors est-ce que c’est le degré de séchage est-ce que
C’est la ventilation on peut penser qu’au sommet des Dours de Notre-Dame il n’y a pas un tôaux d’humidité de 82 % donc ça doit ça doit aider euh ma question est sur la circulation des informations au au 18e siècle et notamment les connaissances scientifiques euh comment est-ce est-ce
Que vous expliquez finalement la non circulation jusqu’en France des connaissances et des savoirs anglais sur les champignons linivor est-ce que c’est juste une question de mépris scientifique entre les Français et les Britanniques ou est-ce que c’est plus une question stratégique qui aurait limiter la circulation par les Britanniques de ce genre
D’information merci Agath pour cette question alors le le c’est pas tellement que l’information circule pas finalement puisque dès 1815 donc vraiment au sortir des guerres napoléoniennes des ouvrages qui sont publiés en Grande-Bretagne à la même époque sont traduits en français on en fait état dans des ce qu’on appelle pas encore des
Revues scientifiques euh mais la nouvelle est accueillie avec scepticisme alors je sais pas s’il faut mettre en cause des différences de formation scientifique chez les savants français britanniques s’il faut mettre en cause peut-être peut-être une certaine anglophobie c’est possible mais ça n’est pas que l’information ne circule pas dans les
Écrits de de de scientifiques de marins d’ingénieurs de constructeurs français au 19e siècle le les champignons linivor sont souvent mentionné toujours à titre d’hypothèse voilà certains disent que ces champignons seraient responsables de mais bon il est plus raisonnable de penser que c’est la fermentation du bois
Hein et ça comme je vous le disais encore dans les années 1800 0 chez quelqu’un qui est un polytechnicien et qui enseigne la construction navale aux futurs ingénieurs de la marine donc c’est vraiment c’est la la doctrine officielle si vous [Musique] voulez