Jeudi 12 octobre 2023 – 20h
Maison de la Francité – 18 rue Joseph II – 1000 Bruxelles
Parler belge, est-ce perçu comme un véritable sport de combat linguistique ? La Belgique est un terrain de jeu où les accents, les dialectes et les langues se croisent et se mélangent, cette richesse linguistique contribuant également à l’identité de la Belgique. Et dans de fréquents débats, si l’expression de ces formes de “rivalités linguistiques” peut-être source de convivialité et de taquinerie, peut-elle être aussi source d’animosité ?
…Et si la diversité linguistique belge était avant tout une célébration de la richesse linguistique de notre pays ?
Michel Francard, linguiste, est professeur émérite de l’Université catholique de Louvain. Il a consacré une part essentielle de son enseignement et de ses recherches aux variétés du français dans la francophonie et aux langues minoritaires. Auteur de nombreuses publications scientifiques et d’ouvrages de vulgarisation, dont le Dictionnaire des belgicismes (De Boeck, 2021, 3e éd.), il collabore au Petit Robert depuis 2008 et a tenu la chronique de langue «Vous avez de ces mots » dans le journal Le Soir de 2016 à 2022.
[Musique] vous l’entendez peut-être à mon accent je ne suis pas belge je suis je suis là depuis 4 ans et demi à Bruxelles et alors heureusement qu’on m’avait un petit peu averti de l’usage similaire des verbes pouvoir et savoir parce que lors que j’ai eu un rendez-vous j’ai
J’ai réussi à ne pas être trop interloqué quand la personne qui devait venir chez moi m’a dit je ne sais pas venir alors que je lui avais donné l’adresse voilà donc en tout cas le sens le son des mots le le le le sens du du du langage les mécanismes du langage et
Bien c’est le c’est c’est l’objet d’étude d’un d’un linguiste et notre premier invité ce soir je dis nous notre parce que ce cycle est initié par Donald George donc le directeur de la Maison de la front cité et notre première invité est un linguiste c’est Michel Francard
Qui est professeur émérite de l’UCL il est l’auteur de nombreux ouvrages de vulgarisation et il est aussi l’un des co-auteurs de ce dictionnaire des belgicismes et il est donc la personne idéal pour répondre à cette question par les Belges est-ce un sport de combat bienvenue Michel froncard je vous laisse vous approcher merci
Bonsoir grand merci à la Maison de la franceité pour son invitation particulièrement à vous madame Fressinet monsieur George grand merci euh c’est ma seconde conférence à la Maison de la francité en tout cas pendant ce siècle il y en a eu au siècle dernier au Millénaire dernier la première de ce
Siècle a donc eu lieu le 26 octobre 2016 elle faisait déjà partie d’un cycle de conférence qui s’intitulait les pouvoirs du langage et le titre de mon exposé alors était les Belges et leur français entre amour et haine alors y y a-t-il parmi vous des personnes qui étaient
Présentes mis à part monsieur Georg à cette conférence une personne bon pour une je pourrais peut-être reprendre exactement le texte de ma conférence précédenteond je vais quand même pas le faire parce que figurez-vous que cette conférence elle se trouve sur Youtube et que si vous allez la regarder sur
Youtube vous allez avoir l’impression que je radote et pourtant le sujet d’aujourd’hui rejoint celui de 2016 et après avoirécouté cette conférence de 2016 donc il y a 7 ans je dois vous dire que je ne Renis aucun mot de ce qui a été dit à l’époque donc il y aura pas de
Radotage mais une sorte de répétition consciente celle d’oras Oras qui disait repétio mat studio Room est comme vous le savez la répétition est la mère de l’apprentissage celle-là je ne l’avais pas placé en 2016 parler belges est-ce un sport de combat et bien puisqu’il s’agit d’un
Sport de combat nous allons le jouer en 7 rounds des rounds qui sont étalé dans le temps puisque je vais vous promener du Moyen-Âge à le jour et je demande à Madame Fressinet de sonner le gong si jamais le combat s’avrait trop long prier round in est de bonbec que de Paris citation
De François viillon exactement François viillon dans un texte qui s’intitule La Balade des femmes de Paris 1461 il est possible queun certain nombre d’entre vous mais en tout cas c’est souvent le cas dans le grand public associe cette phrase il n’est de bon bec que de Paris à des réalités
Gastronomiques d’accord bon bec bonne bouche en réalité quand on regarde le texte entier on s’aperçoit qu’il ne s’agit pas du tout de ça et je vous cite juste le paragraphe dans lequel cette citation est extraite prince aux dames parisiennes de bien parler donner le prix quoi qu’on dit d’italienne il n’est
De bonbec que de Paris il est donc très clair déjà qu’il s’agit bien de linguistique de langage et que dès ce moment-là la référence de Paris en terme de bon langage est établi nous sommes au 16e siècle en réalité cette vision de la langue avec un centre qui occupe toute
La légitimité c’est une vision qui est bien plus ancienne encore que cela et là là je dois me répéter par rapport à il y a 7 ans parce que les toutes premières attestations que nous connaissons sont des attestations qui viennent du Moyen-Âge de divers endroits ça vient de
Lon et et aussi de quelqu’un qui est beaucoup plus proche de nous un certain Conon de betéune alors s’il y a des romanistes parmi vous Conon de betéune c’est un nom qui doit leur dire quelque chose puisque il s’agissait en fait d’un des plus grands poètes de son temps un
Des plus grands poètes de son temps Conon de betéthune vous entendez déjà à son nom qu’il n’est pas parisien il se fait qu’un jour il est invité à la cour du roi pour déclamer ses poèmes puisqu’il était déjà très connu à l’époque et en fait ça c’est très mal
Passé nous le savons parce que il a fait après ce passage un autre poème dans lequel il dit ceci je vous cite à nouveau ça vous mettra un peu dans une ambiance du de l’ancien français la reine n’a pas fait que courtoise qui me reprit elle et ses Fieux liroi encore ne
Soit ma parole Françoise si peouit-on bien la comprendre en françois il se plaint parce que on s’est moqué de lui là-bas à la cour royale donc on l’a on l’a repris et on l’a repris pourquoi parce que dit-il j’ai utilisé des mots d’artoi et et alors il s’en justifie il
Dit mais c’est normal je n’ai pas été nourri donc je ne suis pas né je n’ai pas été élevé à Pontoise d’accord donc ce ce Conon de bétine on est ici donc le texte que je vous cite c’est vers 1180 ce Conon de béune qui est un des sinon
Le plus grand poète de son temps est déjà conscient en tout cas on lui fait comprendre que c’est l’usage de Paris qui est la référence en matière de langue et quand je voyais ce texte avec mes étudiants je leur faisais remarquer à cette époque là il n’y avait encore
Aucun auteur parisien qui avait créé un texte qui a retenu l’attention tout ce que vous connaissez comme texte antérieur à cette date Roman de Renard non pas Roman de Renard la chanson de Rolland ou bien encore Tristan isux par exemple tout ça ce sont des textes qui
Ne viennent pas de Paris mais de la périphérie donc même sans avoir se pouvoir se prévaloir d’un auteur de qualité Paris est déjà une sorte de centre prestigieux et à partir de là vous connaissez bien la suite de l’histoire il va y avoir une centralisation qui va
Se faire avec la royauté pas besoin d’expliquer longuement l’action que l’Académie française a mené en matière de standardisation de la langue et en matière de régulation de la langue ça a été poursuivi par la République française qui a souhaité créer l’unité au départ de la langue et bref il y a là
Tout un mouvement qui en fait fait de cette centralisation linguistique une centralisation politique et qui inscrit tout ce qui n’est pas dans le centre comme non légitime et ce qui n’est pas dans le centre ça porte un nom ça s’appelle la province aujourd’hui on dirait les territoires d’accord et donc il existe
Si vous voulez dans le système dans les représentations mentales concernant la légitimité du français une diichotomie entre centre et périphérie entre province et Paris une illustration une illustration parmi 100 autres c’est un recueil qui date de 183 certains Baré lei qui publie ce qu’on appelle les omnibus du langage en
L’omnibus du langage il y en aura des dizaines d’autres après lui alors cet omnibus du langage qu’est-ce que c’est c’est en fait un livre qui se veut régulateur des locutions vicieuses je cite ici hein des mots défigurés ou détournés de leur sens des termes impropres de toutes les fautes qui
Échappent à l’ignorance ou à l’inattention bien vaste programme et dans ce livre donc l’omnibus il commence par en exerg la citation de boileot qui est la suivante cette contagion linguistique cette contagion infectant les provinces du CLER et du bourgeois passe jusque au prince citation donc de Boileau voilà
C’est tout à fait clair si vous voulez c’est que en réalité c’est cette province qui est la source de tous les mots en terme de mal parler on va le dire comme ça et puisqu’on est dans une conception jacobine de l’État qui est qui est centralisée cette langue non seulement
Doit être gardée dans sa pureté centrale mais elle doit l’être aussi parce que en fait comme le dit une autre citation du livre conserver soigneusement la langue française car les mots conservent les idées vision très bourgeoise de l’époque si vous voulez où la les bonnes manières passaient dans tous les secteurs de la
Vie sociale vous allez me dire oui et le parl belge dans tout ça en fait évidemment à l’époque il n’existe pas sous ce sous ce label là mais concrètement la Belgique fait partie de la province c’est c’est évident et Paris n’est évidemment pas sa capitale administrative mais c’est quand même le
Pôle d’attraction pour les élite belge c’est ce fameux tropisme parisien pour les écrivains belges bien avant bien avant l’indépendance de la Belgique c’est l’alignement des courants artistiques belges sur ce qui est présenté à Paris c’est tout ce qui fait que quand Paris éternu Bruxelles s’enrume pour parodier la citation de
Metnique ce premier round se termine par un avantage net en faveur du français de Paris ressenti comme un modèle à suivre sinon à imiter 2è round une Belgique française et oui une Belgique française c’est la fameuse période française celle où notre pays actuel a vu la première fois sa
Configuration à peu près réunie même la principauté de Liège appartenait à cette entité française dans ce contexte d’une Belgique française un français originaire d’aras que j’ai aussi cité il y a 7 ans qui s’appelle Antoine Poyard qui enseigne à l’Athénée d’enverse inaugure ce qu’on a appelé après une tradition
Prescriptive il publie en 1806 un livre intitulé flandricisme wallonisme et expression impropre dans le langage français des Belges bien quand on essaie d’analyser les les motivations de poard il n’est pas très difficile de les comprendre en fait les Belges à l’époque c’étaaient ses propres concitoyens et il souhaitait que ses
Propres concitoyens des départements belges adopte un français le plus proche possible de ce que lui considérait comme le français de référence qui était évidemment déjà le français de Paris et d’ailleurs quand on lit les introductions au éditions successives de ce livre de Poyard on rappelle que la pratique du français est quelque chose
D’essentiel par exemple si vous voulez postuler avoir une place faire aboutir des requêtes et cetera et on vous rappelle aussi et là ici je me permets de citer l’extrait de l’introduction la nécessité pour les gens de qualité de se soustraire au ridiculle que les Français pointilleux ne manque pas de lancer sur
Ceux qui offensent leur langue voilà comment on bâtit des représentations mentales bien sûr déjà la fin du 2e round qui confirme les résultats du premier mais je trouve que sur celui-ci l’arbitre n’a pas une impartialité complète 3e round une Belgique belge cette fois qui chasse les belgicismes avec une espèce
Protégée les belgicismes de bonalois donc si je trouve que l’argumentation de Poyard était tout à fait cohérente avec le projet de l’époque et et la suite il est beaucoup moins compréhensible que une fois la Belgique devenue indépendante on est continué sur cette même voix il n’y avait pas de raison
Objective de se dire qu’il fallait continuer à s’aligner sur Paris et d’ailleurs il y a des voix qui sont élevées lors de la création de la Belgique à l’indépendance pour demander que nous prenions nos distances vis-à-vis de ce grand voisin sauf au plan linguistique sauf au plan
Linguistique et donc en fait Poyard va faire école au-delà de la période française et dans cette école je pourrais vous citer des dizaines de publication mais je vous en donne l’une ou l’autre parce que les titres sont déjà tout un programme un certain abbé Carpentier qui édite un dictionnaire du
Bon langage donc plein d’anathèmes contre les wallonismes et les flandricismes qu’à chaque fois l’ennemi est bien désigné flandricisme wallonisme un certain Victor galant qui dénonce les 600 expressions vicieuses Belg 1891 plus près de nous façon de parler Homer anglebert et André terve 1942 qui eux dénoncent les belgicismes
Antiançais mais l’apogé de toute cette tradition prescriptive bien ça c’est tout proche de nous c’est dans les années 70 les fameuses chasses au belgicisme il y aura d’abord un premier chasse au belgicisme en 1971 et puis vu le succès du premier une nouvelle chasse au belgicisme et les co-auteurs sont des
Gens qui tiennent le haut du pavé hein des gens comme Joseph Hans donc Louvin à l’époque grand gramérien que vous connaissez Albert d’upagne professeur à l’ULB grand folklore toponymiste également et Hélène bourgeois al comme je l’avais souligné il y a quelques années ces livres connaissent un succès phénoménal ce sont des dizaines de
Milliers d’exemplaires qui ont été diffusés et elles ont été diffusé dans des endroits stratégiques importants dans les écoles dans les bibliothèques et cetera et ce qui est étonnant c’est que quand on lit l’introduction à ses chass au belgicisme on retrouve exactement le même discours que chez Poyard exactement plus de 100 ans
Après je cite nous avons à nous défendre contre des contaminations contre des intrusions de mots contre des tours étrangers contre des régionalisme dialectaux et à propos de la France si la langue moyen de communication si notre langue est celle d’un grand pays voisin auquel nous rattache notre
Culture aussi bien que notre langue nous avons le devoir de nous écarter le moins possible de cette langue commune et de son bon usage difficile d’être plus clair bien entendu et curieusement c’est chasse au belgicisme et le succès qu’elles ont eu ça étéit à la fois l’apogé mais ça a été
Aussi le champ du signe de cette tradition puriste pourquoi parce que un des coauteurs Albert daupagne a fait en quelque sorte séession et il a lancé en 79 donc quelques années après la fameuse ENF la fameuse publication les belgicismes de bonalois alors ça vaut la peine quand
Même que je vous raconte comment on obtient le label de belgicisme de bonalois alors il y a trois conditions essentielles première condition il ne faut pas que le belgicisme de bonalois est un équivalent dans le français général non il est de bonalois parce qu’il comble un trou dans le
Lexique du français de référence c’est un mot qu’on apporte qui permet d’enrichir la francophonie universelle exemple notre adjectif cru hein qui signifie froid et humide à propos du temps il fait cru et bien ce mot-là c’est un belgicisme de bonalois parce qu’il y a pas d’équivalent exact effectivement en français de référence
Un mot comme drève notre fameuse allée bordée d’arbres et cetera bien là aussi il y a pas d’équivalent immédiat donc adoptons ce mot vous imaginez que dans le même mouvement il y a toute une série de mots qui désignent alors des régionalismes encyclopédiques comme on l’appelle notamment les spécialités gourmandes donc baabelut crramque
Gosette tout ça c’est de bon àoi d’accord première condition deuxème condition il faut évidemment que les mots soient conformes au canon phonétique et morphologique du français pas question qu’on sente le germanisme ou le wallonisme évidemment donc par exemple un mot comm Cook le pain d’épic
Hein un mot comm Cook il vient certes du néerlandais mais il a un tour assez français pour être de bonalois un mot qui vient du wallon comme maqué hein du du fromage blanc si vous voulez pas de problème ça ça sonne ça sonne bien français par contre évidemment si je dis en stumelings
Ousine que là il y a aucune chance que ça fasse partie des belgicismes de bonalois trisème condition ah c’est pas une condition vraiment c’est un atout supplémentaire vous savez c’est comme dans les déclarations de candidature la connaissance de sera un atout et bien ici l’atout ce sera de venir d’un état
Antérieur de la langue donc si le belgicisme a des lettres de noblesse dans l’histoire de la langue franchement là il remplit tout à fait les conditions donc des formes par exemple comme entièreté qui son des formes anciennes 70 qui était la forme évidemment bien avant 90 tesux au sens de taciturne
Toutes ces formes sont attestées dans l’histoire de la langue bien mais la question c’est comment est-ce qu’on peut expliquer que que Dopagne à peine 6 ans après le succès des chasses au belgicisme et entrreouvert la porte des belgicismes de bonalois parce que c’est quand même une porte qui l’entr trou la première raison
C’est qu’au fond Dopagne de ce point de vue-là c’est le continuateur d’une tradition très générale qui donc l’a précédé et qui a fait que toute une série d’auteurs de dictionnaires plaidaient déjà pour qu’on inscrive des formes régional dans un français plus universel par exemple des des Liégeois comme isodor Dori dès
1878 demande que les tours régionaux qui n’ont pas d’équivalent soit dans le français de référence et même Poyard ce fameux Poyard lui-même avait déjà lui aussi souligné que une série de mots qu’il rencontrait chez nous n’avait pas d’équivalent et ne méritait donc pas d’être chassé et c’est intéressant parce
Que quand on voit les mots que Poyard cite ce sont des mots comme bradé bradé chose ce sont des mots comme escarb d’accord l’étincelle donc en fait des mots qui aujourd’hui sont de devenu complètement standard d’ donc Dopagne était l’héritier de cette tradition là en fait et il y a une deuxième raison
Qui est plus intéressante encore et là je relis l’avant-propos de dapagne à son à ce belgicisme de bonalois et il dit des choses remarquables écoutez bien des belgicismes de bonalois point d’interrogation que se passe-t-il donc le vent aurait-il tourné la nous a misise en garde nos braves gens
Ne vont pas croire que tout ce qu’ils disent est mal ils n’oseront plus parler vous allez les réduire au silence dès lors il convenait de les rassurer non chers amis tout n’est pas mauvais dans le Français de Belgique et bien sans la nommer et quelques décennies avant qu’on travaille sur le
Sujet Dopagne nomme ce que sur quoi je vais revenir dans quelques instants nomme l’insécurité linguistique qui est engendré par la tradition puriste et alors comme il peut pas rompre avec cette tradition puriste dont il sait qu’elle engendre une très forte insécurité linguistique ben il va la
Nuancer c’est le glas de la chasse au belgicisme cette fois-ci le round se termine avec un avantage pour le français ch 4e round le français en Belgique devient composante essentielle de notre patrimoine culturel social et linguistique évidemment alors là j’ai quelques grands moments quelques grandes dates à vous proposer la première c’est
En 1989 en 1989 j’ai pu créer à Louvin le centre de recherche valibel les recherches de valiel dès le départ ont été dédiées à la description du français en francophonie et plus particulièrement du français des Bruxellois et deswan à la description on a enregistré des dizaines et des dizaines d’heures de corpus orau
On a dépouillé aussi de la littérature des journaux on a fait des enquêtes de terrain dont une enquête de terrain qui aboutira à ce dictionnaire pendant 10 ans pour la première fois la variété de français que parlent les Wallons et les Bruxellois est décrite avec précision pour la première fois il y a
Une rupture scientifique avec la tradition puriste qui ne décrivait pas mais qui condamnait d’accord c’est un premier grand moment deuxème grand moment qui est issu de celui-là c’est la publication du Dictionnaire des belgicismes donc 1ière édition 2010 alors il y a en Belgique euh romaine on va le dire comme ça une
Longue tradition d’étude du lexique avec des inventaires des glossaires et cetera certains sont bons d’autres le sont beaucoup moins mais mais en général cette production souffre de deux défauts le premier défaut c’est que les auteurs de ces inventaire ou de ces glossaires travaillent sur la base de leur propre connaissance du français et
Donc vous avez par exemple un auteur liois qui va récolter bien plus de mots Liégeois qui lui sont familiers pour les traiter comme des belgicismes alors qu’en réalité ça n’est pas du tout connu dans dans le par exemple et inversement vous aurez des Picards qui vont dire ah mais non ça
C’est un belgicisme donc il y a un problème c’est que les gens travaillent uniquement sur la base de leur connaissance personnelle évidemment quand il s’agit de quelqu’un comme Maurice Piron sa connaissance personnelle est excellente mais malgré tout chez Maurice Piron il a une sorte de tropisme liégeois d’accord et deuxème
Problème deuxème limite en tout cas c’est que en général ces inventaires ne sont pas faits par des professionnels de la lexicographie ces gens-là ne ne sont pas des professionnels du dictionnaire et donc le type de renseignement qu’il donne sur les mots est assez limité pour le dire c’est ce cette double lacune que
Nous avons donc souhaité dépasser avec avec mon équipe et quand je vous parle de 10 années de recherche 10 années d’enquête de terrain en wallenie et à Bruxelles qui aboutissent à des bases de données de dizaines de milliers de données on se donne les moyen alors de
Vérifier si le mot est encore connu on se donne de le moyen de vérifier si le mot est encore utilisé c’est pas la même chose hein la pratique et et la connaissance et on fait de cela des rubriques dans le dictionnaire pour parler de la vitalité des mots pour
Parler aussi de la diffusion dans les classes notamment les classes d’âge d’accord et on ajoute bien sûr à cela B toute la la connaissance que nous avons de ce qui est un dictionnaire don je travaille au Robert depuis 2008 bon bah s faire un dictionnaire quoi donc et à
Ce moment-là vous avez dans ce dictionnaire des belgicism ben vous avez des catégories complètement traditionnelles dans un dictionnaire la prononciation par exemple la catégorie grammaticale les bonnes définitions les exemples la vitalité la diffusion l’étymologie et cetera et donc ce cette publication là va va être aussi un choc
Important si vous voulez dans dans l’univers des Belges francophones qui pour la première fois je je le dis et je mets la modestie un peu sur le côté mais qui pour la première fois se reconnaissent dans un dictionnaire j’ai eu tout une série d’observations à la suite de la
Publication du dictionnaire mais je n’ai pas eu de d’observation du genre qu’est-ce que c’est que ça jamais vu non non non non non non les gens qui lisent ce dictionnaire se reconnaissent dedans en sachant qu’un Bruxellois ne se reconnaît pas de la même manière qu’un wallon dans les belgicisme évidemment ça
Va ce qui est aussi important et ça c’est le troisième grand moment c’est que dans le prolongement de cette publication et de publications similaires dans la francophonie parce que que ceci c’est un parmi d’autres en francophonie les grands dictionnaires de référence donc Robert Larousse vont accueillir généreusement des formes spécifiques à
Telle ou telle communauté francophone dès 1960 le le Petit Larousse avait quelques quelques dizaines de belgicism un peu des belgicismes bateau mais au moment de l’an 2000 par exemple ces quelques dizaines sont devenu presque 500 même chose pour le petit Robert Le Petit Robert avait quelques belgicismes
Et au moment où je l’ai je l’ai repris on’ on m’a permis d’en mettre plusieurs centaines donc aujourd’hui c’est à peu près 500 aussi dans le petit Robert alors pourquoi est-ce que l’on souhaite introduire des belgicismes des kbécismes des elvétismes dans ces dictionnaires de références c’est pas uniquement pour faire
Beau c’est parce qu’en réalité les uisateurs de ces mots sont de certaine manière flattés de voir que des dictionnaires faits à Paris les intègrent dans leur nomenclature donc du point de vue des représentations il y a là un accueil positif et je l’ai vu au fil des éditions puisque au fil des éditions
Aussi les réseaux sociaux se sont développés et la dernière édition qui a eu lieu donc en en 19 bien en fait c’est une c’est les réseaux sociaux toujours le même discours voilà un de nos belgicismes puis voilà un de nos libanismes voilà un de nos kébécismes
Qui entre dans le alors on dit à ce momentlà dans le dictionnaire comme si c’était le dictionnaire absolu tout à l’heure je veux bien mais je n’ai pas le temps maintenant expliquer que c’est parfois un peu ambigu cette introduction dans les dictionnaires mais quoi qu’il en soit c’est certainement un moment important
Et les les médias en général ont de plus en plus régulièrement et de plus en plus fortement fait l’écho de ce de ces succès donc de ces succès de librairie de ses succès dans les grands dictionnaire contribuant eux aussi à faire une sorte de caisse de résonance pour ces spécificités du français en
Belgique ou ailleurs donc très clairement par rapport à ce que je vous ai expliqué dans les round précédents où il y avait une hiérarchie qui éta organisée à partir de Paris Paris c’est ogène par rapport à nous donc la légitimité de Paris c’est une légitimité qui est étrangère à notre communauté si
Et bien il se produit un renversement d’hiérarchie et la légitimité est progressivement prise par la communauté ici je dis le français d’ici mais les Canadiens disent le français d’ici aussi donc c’est français qui sont une base géographique sur une base géographique d’accord voilà c’est un changement de hiérarchie linguistique un changement
Dans la manière de définir la légitimité mais petite précision surtout au plan du lexique d’accord ce n’est pas tellement le cas du point de vue de la prononciation par exemple fin du round cette fois-ci l’avantage est décisif pour le français d’ici 5e round l’insécurité linguistique je vais vous lire un texte très
Bref je suis curieux de savoir si si quelqu’un va va reconnaître ce texte je ne suis pas burundaise je ne suis pas le produit d’une colonie française et pourtant depuis mon enfance je vis comme tous les francophones de Belgique dans une soumission consentante fascinée et amoureuse à une sorte de dictate linguistique
Français car il était claire que le français que nous parlions en Belgique n’était pas le bon et que nous devions pour être reconnu assimiler adopter publier nous devions nous aligner sur les standards de Paris qui écrit cela je vais pas le citer c’est une journaliste très dans la place très dans
La place d’accord dans un grand quotidien ici en Belgique et une journaliste donc dont le moins qu’on puisse dire c’est qu’elle sait tout à fait écrire le français l’insécurité linguistique puisque c’est bien de ça ici qu’il s’agit donc son insécurité linguistique ne vise pas sa performance effective mais le sentiment qu’elle a de
Ne pas être légitime et donc avouez que c’est quelque chose de tout à fait étonnant vous produisez un Français qui est certainement excellent mais vous vous avez l’impression que vous n’avez pas la légitimité pour l’appuyer on a travaillé longtemps avec mon équipe et avec d’autres francophone parce qu’ on fait ça au plan
International bien sûr sur ce concept cette notion plutôt d’insécurité linguistique et on a dégagé notamment deux grands traits le premier ben c’est ce qui est dit clairement dans le texte que je viens de vous citer le premier c’est la suggestion au modèle français soumission à un modèle français parisien
Qui dans son énoncé même est déjà quelque chose de paradoxal le français de Paris il faut avoir jamais mis les pieds à Paris pour imaginer qu’il y a le français de Paris changez d’arrondissement vous changez de français là-bas donc le français de Paris c’est un my et on construit une
Référence de légitimité sur un myth oui oui parfaitement deuxè trait si je vis cette suggestion un modèle français ben comme le fait ici notre ami là il y a une forme de d’autodépréciation de ses propres pratiques linguistiques donc je parle mal alors ceci c’est un troisième trait vous imaginez vivre notamment pour des
Gens qui écrivent H qui parlent vivre sans arrêt avec la conscience qu’on n’ pas la légitimité que il y a un modèle inaccessible qui vient d’ailleurs c’est quelque chose d’extrêmement difficile à vivre et donc en Belgique bien entendu comme ailleurs au Québec c’est la même chose
En Suisse c’est la même chose nous avons des sorte de stratégie de compensation par exemple il est évident que quand vous êtes ici dans une réunion en Belgique vous allez sans doute dire 70 ou 90 les journalistes dans les médias vont dire 70 ou 90 d’accord et si vous piquez du 70 ou
Du 90 on va vous dire mais qu’est-ce qu’ prend si tu es d’ici tu parles comme ici qu’est-ce que ça veut dire ça veut dire que dans notre conscience linguistique nous distinguons un marché général régi par la norme de Paris et des marchés régionaux particuliers dans lesquels d’autres normes uniquement sur
Ces marchésl peuvent fonctionner parce que ces mêmes journalistes qui disent 70 ici vont dire 70 quand ils passeront à la frontière d’accord donc des stratégies de compensation c’est exactement aussi ce qui s’est passé avec Dopagne Dopagne qui reconnaît que à force de chasser les belgicismes et tous les belgicismes les
Gens vont finir par se taire et je l’avais expliqué il y a 7 ans d’ici j’ai vécu cela lors d’enquête mené au Nouveau Brunswick donc ce qu’on appelle la cadi de façon un peu poétique nouveau brunu c’est la façade est de du Canada là-bas j’ai fait des enquêtes auprès de
Personnes qui en fait étai tellement marqué par la norme parisienne que les enseignants dans les lycées voulaient leur imposer qu’il préférait passer à l’anglais plutôt que de continuer en français il se taisait je leur demandé mais pourquoi parce que parce que me disait-il mon anglais est bien meilleur
Que mon français ce qui était objectivement faux c’était faux ce qui se passe c’est que leur français n’était pas tout à fait dans la norme de Paris mais il il était correct et leur pratique de l’anglais était très approximative mais il préférait se taire en français ça c’est le SOMUM de
L’insécurité linguistique et Dopagne l’avait déjà bien dit alors je voudrais aussi souligner ceci c’est que nous sommes les responsables de notre propre insécurité linguistique je sais que parfois certains franais nous y aideent mais nous sommes les responsables quand je vois par exemple des gens comme Alain Reay hein qui qui oriente ENF décédé
Bien sûr aujourd’hui mais qui oriente le petit Robert en disant des choses comme ceci il est paradoxal que des dictionnaire consacré au français modern néglige totalement la réalité langagière de communautés francophon importante et influente un français comme lui reconnaît que un dictionnaire comme le Robert doit s’ouvrir à des communautés
Comme la Belgique le Québec la Suisse et cetera et le Larousse n disait la même chose une part importante a été faite à la Francophonie hors de France Belgique Suisse pays d’Afrique queébec louisian ainsi qu’au vocabulaire français régionaux donc nous sommes les propres artisans de notre insécurité linguistique je croyais qu’on avait pris
Un avantage au round précédent mais tout est à refaire 6e round le risque de folklorisation des belgicismes je suis le premier à me réjouir je l’ai déjà dit tout à l’heure que les médias donnent un écho médiatique une caisse de résonance à tous les travaux que nous faisons sur le
Français en Belgique comme on le fait ailleurs sur le français en Suisse ou au Québec donc je m’en réjouis beaucoup et le fait même que des journaux je pense au soir avec lequel j’ai j’ai beaucoup travaillé comme certains le savent sans doute parmi un journal comme le soir qui n’est pas
Très régionaliste il faut quand même bien dire que ce journal me permette de faire avec eux un cuisse sur les spécificités du français en Belgique je trouve ça une sorte de révolution quand même bon c’est important mais parfois avec des dérives et la dernière que j’ai vécu c’est à l’occasion des fêtes de
Walleni à l’occasion des fêtes de walleni donc coup de fil station de radio peu importe laquelle et on me dit vous pourz pas faire un un cuiss pour nous je dis j’ai déjà fait ça avant ah oui mais enfin vous savez il y a déjà quelques années on a oublié puis on va
Recommencer et puis on aimerait bien des mots pittoresques des mots pittoresques un peu comme on apprécie le wallon ou le Bruxellois mais à travers des jurons qu’on met sur des t-shirts ou comme on apprécie les injures du capitaine adoc mais est-ce que vous croyez que les injures du capitaine adoc aid à
Apprécier l’œuvre d’g est-ce que vous croyez que tout ces t-shirt avec des jurons bruxellois font qu’on parle plus ses langues en danger aujourd’hui je crois que appréhender le Français de Belgique à travers les mots pittoresqu c’est en fait opérer une triple simplification qui risque de leur faire du tort première
Simplification c’est que les belgicismes ce n’est pas que du populaire ou du familier il y en a de tous les registres d’accord bon bien sûr il y a ziverer il y a berdellé il y a gindailler oui ça c’est familier on est bien d’accord mais
À côté de ça il y a accise il y a andéan il y a minerval ce sont des belgicismes plus administratif et puis il y en a même qui sont de niveau très relevés hein quand on parle de flamandisation bon c’est quand même plutôt relevé quand
On parle de noblion quand on parle de rétroacte d’une affaire avouez que c’est un registre qui est très formel deèe simplification les les belgicismes réputés pittoresques mais sont surtout ceux qui sont en réalité empruntés au wallon Baraki sketé euh pquet ou au flamand et au néerlandais hein des
Mots comme brol cité stumelings tout à l’heure cl sans et cetera or la part des belgicismes notamment dans ce dictionnaire la part des belgicismes qui nous viennent des langues romanes de walloni ou des langues germaniques elle est tout à fait minoritaire la toute grande majorité des belgicismes ce sont des créations ce
Sont des innovations qui n’ont rien à enfin rien à voir avec une langue en contact arboré chicon Grand Place minimex ratachisme tout ça ce sont des innovations des Belges parlant français et ça ne vient ni du flamand ni du won d’accord et trème simplification c’est que en fait c belgicisme réputé
Pittoresque masque ce qu’est en réalité le Français de Belgique c’est-à-dire oui c’est la fin du round je sais je passe si si si si je sens ça je passe au 7e round pour en finir avec le parl belge vous vous souvenez du titre de cette conférence parler belge estce un
Sport de combat parler belge donc en 2016 j’avais déjà taillé des croupières à cette façon parler donc pour moi il n’y a pas de parler belge il y a des manières belges de parler français en terme plus technique le Français de Belgique présente des caractéristiques qui font de lui une variété géographique du
Français au fond la dénomination par les Belges c’est une sorte de représentation très franco-française de ce qui n’est pas le français hexagonal de la même manière qu’on parle du québécois du Suisse et le Québécois le Suisse le parlet belge ça n’existe pas il faut bien nommer les choses rappelez-vous camula si on les
Nomme mal ça ajoute au malheur du monde et le monde ici et bien c’est précisément ce monde francophone qui éprouve encore aujourd’hui tellement de difficultés à accepter la variation linguistique et pourtant cette variation linguistique je peux m’en expliquer après pour moi c’est l’avenir du français donc acceptons qu’il existe une
Variété du français en Belgique avec C spécificité dont l’ensemble ne constitue aucunement une langue belge mais avec une originalité qui est à l’œuvre aussi à des degrés divers dans d’autres aires de la Francophonie reconnaître respecter cette diversité c’est reconnaître et respecter le droit des francophones à vivre en harmonie avec leur propre langue
Maternelle donc sans c’est sécurité linguistique qui est générée par une sorte de référence absolue à un modèle venu d’ailleurs et imposé d’ailleurs reconnaître respecter cette diversité c’est reconnaître et respecter chaque francophone qui a choisi de vivre en français son français non seulement aujourd’hui mais demain et reconnaître et respecter cette
Diversité c’est donner plus de chance à la langue française frise de se vivre dans un marché linguistique mondial où elle est actuellement très minoritaire et très minorisé je vous remercie pour votre attention même si il y a beaucoup de latinistes et d’adorateurs du grec ce sont quand même des langues mortes
Aujourd’hui qui sont inutilisé le une langue pour qu’ell vivent il faut bien qu’ell s’enrichisse oui donc ça c’est c’est un débat qui dépasse très largement les belgicismes c’est au fond dans quelle mesure doit-on intervenir de manière relativement volontariste dans une langue pour créer des néologismes
Alors la question se pose au plan de la de la technologie essentiellement aujourd’hui puisque vous savez que on a le choix entre soit reprendre des emprunts à la langue dominante qui est l’anglais soit avoir une vision plus volontariste des choses comme les Québécois qui eux créent des formes en
Se basant sur t sur les ressources lexicales du français et c’est là le parallèle en réalité on peut avoir exactement le même type d’attitude par rapport à la Francophonie en général donc ou bien vous considérez que le français tel qu’il a été standardisé notamment par le Dictionnaire de l’Académie dans ces différentes éditions
Donc vous considérez que c’est l’alpha et l’oméga de la langue française ou bien vous acceptez qu’effectivement il y a une sorte de vivier très dépendant des conditions dans lesquelles les gens vivent donc c’est très différent celon qu’on est en Afrique à Montréal ou à Genève et ce vivier en fait entraîne des créations
Lui aussi et donc mon mon hypothèse c’est que la légitimité qui est accordée aujourd’hui à des dictionnaires de référence fondés notamment sur l’Académie française cette légitimité on peut aussi l’accorder à des mots qui viennent d’ailleurs de la périphérie donc ouais mais alors il y a aussi des
Mots qui parfois ne font pas l’unanimité quand ils sont utilisés je sais pas pour mais vous avez forcément entendu les mots malaisant gênance je sais pas si vous les utilisez mais de plus en plus de personnes les utilisent et à un moment les mots qui entrent dans le
Dictionnaire ce sont aussi des mots qui sont de plus en plus utilisés puisque c’est la langue commune donc quel moment on place le curseur à quel moment un mot qui peut-être ne sonne pas bien à l’oreille va être considéré comme pas français et à quel moment il va être légitimé
Oui je vais reformuler votre question au fond qui sont les acteurs qui qui prennent ce genre de décision là c’est ça que à quel moment c’est quand un acteur important le dit aujourd’hui les les acteurs en question sont les sont les dictionnaires du type Robert et et Larousse concrètement donc jusqu’au 19e
Siècle ça a été le Dictionnaire de l’Académie dans dans ces différentses éditions mais au 19 siècle sont venus des géants de la lexicographie d’accord des géants comme Pierre Larousse d’accord comme litr et ces gens ont fait des dictionnaires bien meilleurs que celui de l’Académie et à partir du 19e
Siècle le Dictionnaire de l’Académie a perdu son rôle de référence et comme en outre vous le savez bien parce qu’on en parle souvent l’Académie met énormément de temps à faire ses éditions de dictionnaire je dirais que pour le moment ils sont la lettre R je crois
Pour la 9e édition mais ils sont depuis 9 1992 à à faire ça ils ne suivent pas si vous voulez he le français évolue évidemment rapidement ils ne suivent pas les évolutions et donc ce sont les dictionnaires comme le Larousse ou le Robert qui ont des millésimes chaque
Année qui peuvent au mieux suivre cette norme et donc c’est d’eux que ça vient c’est d’eux que ça vient je ne suis pas en train de vous dire que tout mot aujourd’hui introduit dans le Robert ou dans le Larousse va euh être admis définitivement dans la langue
Il y aura des il y a du déchet là aussi mais tout ce travail dans ces dictionnaires de référence c’est un travail qui est bien documenté donc les les les gens lisent énormément ont des banques de données extrêmement importantes donc ils ne prennent pas ces décisions à la légère lorsqu’ils
Introduisent un mot d’accord avec parfois des erreurs je vous rappelle que c’est c’est Robert je pense qui a introduit bon bass dans le dictionnaire il y a quelques années mais c’était trop tard quoi le mot avait déjà perdu de é es sorti de mode il y a des erreurs
Aussi et donc pour les belgicismes pour les kébécismes et autres je demande qu’on ait la même rigueur donc qu’on fasse des enquêtes pour savoir ce qui est là d’accord et aujourd’hui on dispose d’un admirabl moyen qui sont les réseaux sociaux s’il y en a parmi vous qui sont sur Twitter ou sur Facebook
Vous avez peut-être vu passer sur mes comptes je lance parfois des enquêtes sur des mots la dernière c’était sur l’expression se taire dans toutes les langues se taire dans toutes les langues en réalité je ne l’avais pas vu attester en dehors de chez nous et donc j’ai fait
Voilà j’ai lancé à tout Twitter et Facebook j’ai obtenu des centaines de réponses qui qui sont très très clair parce que mais followers c’est pas uniquement des Belges c’est des Français des Canadiens et CE et donc après cela je peux dire sans risque de me tromper oui c’est bien un mot aujourd’hui qui
Est une expression pardon qui est chez nous employé préférentiellement et pratiquement pas ailleurs un peu dans le nord de la France mais à nouveau grâce à ces réseaux sociaux il y a des personnes qui vont plus loin qui vous donnent des références anciennes et je ne sais pas
Si ce mot finalement n’est pas un cette expression pardon si cette expression n’est pas en réalité autrefois vivante dans le français général parce que j’ai des attestation à Toulon à Strasbourg et cetera qui se serait perdu dans une région comme la nôtre et dans une région comme la nôtre ce n’est
Pas un hasard puisque le Néerlandais a la même expression l’Allemand a aussi une expression très proche en allemand se taire dans C langu d’accord donc il y a moyen de documenter son travail alors on va pas se TER on va aussi vous permettre de prendre la parole est-ce qu’il y a quelqu’un qui
Veut déjà intervenir et poser une question à à Michel froncard oui voilà regardez on vous donne un micro très bien bonsoir je sais pas siil fonctionne oui comment ça se passe au niveau référent tradition Académie et cetera du côté anglophone qui ont II évidemment des manières de parler différentes selon
Si c’est les États-Unis l’Australie ou une région ou Nouvelle-Zélande Australie enfin et cetera est-ce qu’ est-ce qu’il y a des des différences notables au niveau de la tradition de la manière de travailler et des et de comment les linguistes considèrent les différents apports de langue les emprunts ou les
Néologismes et cetera merci oui merci d’autres questions aussi euh je ne suis pas un spécialiste du domaine anglophone d’accord je suis romaniste donc je n’ai pas beaucoup travaillé là-dessus ce que je puis vous dire rapidement sur le domaine anglophone c’est que il y a des traditions plutôt par grandes région
Donc on parle d’un anglais américain d’un anglais australien d’un anglais britannique et cetera et chacune de ces grandes régions développe ses propres instruments ses propres dictionnaires et cetera parce que aussi dans le monde anglophone on parle anglishesus donc avec les les Anglais donc ça fait depuis très très longtemps qu’on est bien
D’accord dans ce domaine-elà qu’il n’y a pas qu’un Anglais de référence d’accord par contre une expérience un peu plus proche de de celle que nous pouvons connaître en parlant d’académie et cetera c’est ce qui se passe en Espagne et l’expérience espagnole l’expérience d’une académie de langue en Espagne est
Très intéressante parce que elle est située à Madrid elle a donc des membres castillants en nombre mais ils ont bien pris soin d’inviter dans cette académie des représentants notamment de l’Amérique latine ce qui signifie que quand cette académie prend des positions sur la langue espagnole ce n’est pas du
Tout la vie de Madrid c’est la vie de gens compétent pour l’ensemble du domaine hispanophone et donc c’est extrêmement pertinent c’est d’ailleurs pour ça que on est est plusieurs à appeler de nos vœux non pas que l’Académie française s’ouvre à la Francophonie je pense que c’est impossible notamment en raison de sa
Tradition mais que l’on crée un organisme suprafrancophone qui s’occupe de questions de langue et et qui règle les questions que ce soit de féminisation d’orthographe d’accord et cetera qui règle ces questions en concertation plutôt que de laisser chaque pays francophone des développer sa politique au fil de ce que les gens
Souhaitent oui mais finalement bah puisqu’on parle de féminisation à partir du moment où on se comprend j’utilise par exemple souvent moi le mot autrice je l’aime bien à l’oreille il me plaît mieux souvent on me dit non il faut utiliser le mot auteur reux mais à
Partir du moment où on se comprend où vous comprenez par exemple que j’emploie le mot autrice et auteur e vous comprenez que je parle d’une femme qui a écrit un livre après tout quelle est [Musique] l’importance la réponse oui ça pas beaucoup d’importance en soi mais c’est
Cette réponse là oublie quel est le pouvoir symbolique des mots et le pouvoir symbolique des mots est important quand par exemple des autrices insistent pour qu’on utilise cette appellation là plutôt que auteur parce que nous ne disons pas hauteur on dit c’est c’est une hauteur on va pas
Dire hauteur quand elles font donc le choix de demander qu’on qu’on les appelle autrices c’est parce qu’elles estiment que la forme morphologique autrice visibilise mieux le caractère féminin que hauteur où au fond le E qui n’est pas prononcé ne suffit pas à y arriver d’accord donc c’est une forme
Symbolique et c’est exactement ce qui se passe pour l’ensemble des mots il y a pas que pour cela nous accordons au mots une valeur symbolique qui fait que nous trouvons les mots jolis pas jolis intéressant difficile et cetera et je je l’ai vu beaucoup dans dans mes chroniques pour le soir tous ces
Jugements là dont je viens de parler sont des jugements purement esthétiques individuel d’accord mais mais c’est ça qui motive les gens c’est un lo je n’aime pas ça c’est difficile à lire rien d’objectif làdedans mais la langue ce n’est pas uniquement des critères ob vous avez parlé tout à l’heure de mot
Pittoresque oui c’est quoi un mot pittoresque pour vous par exemple un mot vous aimez bien un mot pittoresque t ceux que j’ai cité é un autre dans la besasse un autre un autre exemple autre ouais dans dans ma Besin qu’est-ce que je pourrais vous dire comme mot pittoresque oui oui froucholé c’est très
Pitoresque je trouve ça c’est ça c’est sû ouinis par que j’essaie de faire les deux côtés desinis oui alors ils sont ils sont pittoresques je les aime bien mais pour des pour des raisons linguistiques alors je prends frouchelet je n’ai pas grand chose à dire bon c’est un emprun flamand néerlandais c’est pas
Grave chinis par exemple qui le connaît oui il y a quand même donc c’est un mot d’origine wallonne he c’est un mot d’origine wallon très belle étymologie par parenthèse ça vient du mot chien enfin du latin canis le chien d’accord avec un suffix is en wallon le sens de
Chin c’est quelque chose de de salale qui qui n’a pas beaucoup de de tenue qui n’est pas important aujourd’hui si vous lisez la la notice chchinice dans le dictionnaire des belgicismes vous allez retrouver ce sens-l donc en français on peut dire allez range un peu tout ces
Chinis là ou bien met t ces chinis là à la poubelle c’est le sens du wallon aussi mais et notamment dans des populations un peu plus jeunes on utilise le mot chinis pour désigner vous savez peut-être des chips des grass donc le wallon je vous rassure n’avait jamais imaginé que ça pourrait
Un jour désigner des chips et donc le mot en passant du wallon au français à la fois se poursuit dans le sens mais est l’objet d’une nouvelle motivation lexicale c’est ça la créativité et le mot épitoresque aussi pour ça est-ce qu’il y a un mot qui est tombé en désuétude que vous aimeriez
Réhabiliter comme ça j’aime bien vous poser des quiz comme ça je ça ça nous permet de réfléchir aussi nous là j’avoue franchement que je n’ai aucune nostalgie en général et pour les mots encore encore moins parce que comment comment vais-je vous dire ça comme vous je je vis avec mon temps
Et avec les mots de mon temps donc si un mot tombe en des suétude je sais pourquoi c’est parce qu’en fait il n’est plus il n’est plus de son époque alors quand je dis il n’est plus de son époque tout est relatif évidemment parfois quand quand j’écris surtout tout parfois
Quand je parle aussi je me fais reprendre par un de mes enfants qui dit non mais tu parles encore comme ça mais il y a plus personne qui parle comme ça et ce sont effectivement des mots plus plus littéraires d’accord je je me surprends parfois chez moi ça c’est une
Expérience vécue donc je perpétue mais je ne demande pas nécessairement que mes enfants aient les mêmes TIC linguistiques que moi bien entendu j’avais une question sur le parler belge avec les accents tout ça on en a pas parlé vous navez pas parlé de ça oui oui donc le parlet belge n’existe
Pas alors les les accents donc c’est très intéressant madame frin a commencé en disant euh vous entendez à mon accent que a dit ça parce qu’on me l’a fait souvent remarquer ici ici on vous l’ fait remarquer mais même en France je vous rassure moi je suis je viens d’une région le Limousin
Même si j’ai vécu le plus le plus longtemps à Paris et je continue de dire rose et jaune voyez et ça à Paris ça passe pas très bien donc ceci pour vous dire d’abord he que tout le monde a un accent mais l’accent c’est souvent l’autre je reconnaît l’autre parce qu’il a un
Accent qui est peut-être différent du mien l’accent c’est souvent l’autre parfois aussi c’est l’inverse c’est-à-dire que j’entends l’autre et je reconnais le quelque chose qui me familier une sorte de sonorité qui m’est familière je dis ah c’est la même tribu ça d’accord alors en Belgique les accents
Sont très fort liés aux langu régional en contact donc quelqu’un qui a qui a l’habitude de vivre par exemple dans un milieu plutôt flamand d’accord va avoir toute une série de traits d’accentuations qui viennent du flamand ou du néerlandais quelqu’un qui vient qui vit en walleni va avoir aussi des
Formes d’accent qui viennent des langues régionales et vous n’aurez donc pas le même accent dans la région de tourné ou dans la région de Liège parce que ce ne sont pas les mêmes langues régionales le Picard n’est pas le won pourquoi parce qu’au fond ce qu’on appelle l’accent
C’est en réalité quelque chose de très complexe qui manipule enfin qui qui utilise l’intonation d’accord la mélodie le rythme de la phrase c’est tout ça l’accent et et tout ça est déjà présent dans ces langues régionales et c’est donc perpétué à travers le français de ces personnes et vous connaissez comme moi
Des personnes qui qui sont comme des éponges de ce point de vue-lin vous les mettez dans un milieu après 15 jours elles ont attraper l’accent d’accord ce qui est bien la preuve que c’est un bain linguistique ou est-ce que j’ai répondu à votre question I vous en avez une autre une autre question
Question qui interveniron parla effectivement des des des mots vous avez parlé de vos enfants euh c’est vrai que on a tous été ados on a tous eu un un un par une façon de parler des expressions qui nous identifient dans notre groupe d’ados pour nous séparer des des adultes c’est
Aussi ça qui fait la la richesse d’une d’une d’une langue alors que souvent on a tendance souvent on ce n’est pas une bonne formulation mais alors que souvent les les les ados sont assez mis de côté ou un petit peu délégitimés dans leur façon de parler
Euh je sais pas si on les met de côté ou s’ils se mettent de côté parfois eux-même mais il est clair que que ce soit pour des périodes comme l’adolescence mais aussi pour d’autres groupes sociaux nous avons bien sûr des mots qui appartiennent spécifiquement à tel je parlais de tribu tout à l’heure
C’est ce qu’on appelle du du jargon il y a un jargon estudiantin en Belgique ça c’est ça c’est très clair il y a un jargon des tribunaux il y a un jargon des notaires et il y a des jargons qui correspondent à l’adolescence alors en général ces jargons là comme vous l’avez
Très bien dit ne survivent pas aux gens qui les utilisent c’est tout à fait le cas pour les adolescents les mots quand nous étions adolescents qui nousent vibré aujourd’hui il sont complètement sortis de sortis de même s’il y en a qui reviennent alors il y en a qui reviennent moi quandand quand
J’étais à dos j’entendais le mot d’on et je me disais c’est quoi c’est super vieux comme mot et c’est revenu c’est revenu effectivement daron il y en a qui reviennent et il y en a qui qui se qui se prolongent aussi hein donc ça c’est sûr mais rappelez-vous enfin autrefois
C’était cool hein c’était cool aujourd’hui c’est Chile d’accord pas pas d’hésitation làdessus alors en réalité les gens qui ont été habitués avec cool continuent à à l’utiliser et c’est ce qui marque évidemment la différence générationnelle et vous avez sans doute eu cette expérience enfin moi ça m’est arrivé une
Fois ou deux si vous imaginez que vous allez rompre ou en tout cas dépasser certaines barrières linguistiques en adoptant les mots d’une génération qui n’est pas la vôtre vous allez souvent vous planter en réalité d’accord dernière chose sur ce point en tout cas quand on parle de génération je me
Souviens pour l’anecdote de ma fille est née donc 4 ans de différence avec la deuxème qui me dit tu sais papa la fille la seconde parle plus comme nous et donc pour cet âge là l’adolescence c’est effectivement un lapse de temps suffisant pour qu’il ait des différences de
Vocabulaire moi jeis savoir Michel FRC quel a été premier mot qui vous a plu parce que quand on vous écoute en conférence vous avez vraiment une c’est vrai c’est votre métier c’est votre passion mais il y a vraiment une une gourmandise pour les mots pour le sens pour la musicalité
C’est quoi le premier mot qui vous a plu vous vous souvenez comme ça aucune idée souz pas non pas vraiment c’est plutôt des personnes qui m’ont plu des personnes qui m’ont fait qui m’ont fait découvrir d’abord les ressources de cette langue là qui qui me les ont apprises aussi je suis très
Reconnaissant vis-à-vis des enseignantes et des enseignants que j’ai rencontré surtout des enseignants à mon époque que j’ai rencontré pendant ma vie qui sont qui ont vraiment fait l’essentiel et comme elles le font aujourd’hui je l’espère encore en tout cas euh donc c’est plutôt ça qui m’a marqué que que
Des mots en particulier alors il y a des mots qui bâtissent votre histoire personnelle hein euh je sais pas ma première élocution c’était sur l’indo-européen vous imaginez enfin il faut être un peu fou hein ça m’avait marqué à l’époque quand j’ai commencé mes recherches je me souviens que on
Parlait à l’époque de de phonologie générative et j’avais trouvé je connaissais absolument rien et dans mon département on connaissait pas non plus c’est ça venait des États-Unis je me souviens mîredi phonologie générative c’est quand même un beau mot ça j’ai continué à faire de la phonologie générative
Donc mais sinon il y a d’autres beaux mots mais ceuxl on ne les dit pas en publicutre une autre question je je peut-être je vais peut-être un peu loin vous m’arrêter si je pose une question ici on est sur la rue Joseph I et Joseph i il a voulu mettre de
L’allemand partout qu’est-ce qui serait passé s’il avait vécu plus longtemps alors je ne vais pas vous répondre il quand quand il est venu en Belgique je suppose qu’il parlait français parce que ils parlent français dans leur famille et puis c’était la langue à ce moment-là de des cours
D’Europe et de la diplomatie donc je vais pas vous répondre précisément mais tout ce que je peux dire c’est que il est extrêmement extrêmement difficile au fond de prévoir ce qui peut se produire comme comme évolution linguistique même au départ des classes dirigeantes contrairement à ce qu’on pourrait penser l’histoire de la langue
Nous montre que bien sûr les les dirigeants politiques et autres ont une grande importance si si la Belgique à sa création a été francophone des deux côtés de la front linguistique c’est à cause de la bourgeoisie francophone qui avait le pouvoir à l’époque on est bien
D’accord mais il y a un moment il y a un moment où vous ne pouvez pas faire l’économie des réactions des gens et en final en final ce sont quand même ces gens-là qui auront raison donc quand on dit c’est une formule qu’on connaît bien l’usage c’est les gens qui le font ce
N’est pas tout à fait exact mais ça n’est pas faux non plus je pense qu’effectivement l’usage les usages que soit dans le choix des langues ou quand ce soit dans le choix des formes des langues et cetera c’est un savant mélange entre des interventions un peu volontariste et ce que les gens en
Font je rappelle souvent cette anecdote c’est que à la Révolution française les révolutionnaires ont pris un décret en rapport avec un décret coerciitif en rapport avec la langue du point de vue des formes ils ont imposé le tutoiement d’accord entre citoyens il fallait se tutoyer le décret a été pris 2 ans plus
Tard il était supprimé il était supprimé les gens ça n’a pas marché les gens n’ont pas marché làdedans par contre prendre une situation que je connais bien en wallony une fois que l’école primaire gratuite obligatoire donc concrètement à partir de 1919 chez nous a été imposé et que
L’école a dit maintenant on parle français partout et toujours et on évite tout ce qui est langue régionale là ça a marché et là les gens ont marché on peut expliquer tout ça bien sûr oui vous voulez intervenir non je croyais merci je voudrais revenir sur une question l’exemple que vous preniez
Autrice et auuteur qui quelque part Val l’emploi de cette féminisation est-ce qu’il y a une référence ou bien là aussi l’emploi est plutôt régionalisé et donc là c’est c’est ce n’est pas du tout une question de prédominance régionale pas du tout donc toutes les communautés francophones se sont posé la
Question de savoir comment il fallait faire ce féminin alors c’est un peu l’illustration sur les formes de ce que je viens de dire d’une part il y a des interventions ement volontariste d’accord qui se traduisent par exemple dans des choix d’équipe de Dictionnair qui se traduisent par des choix du
Conseil de la langue française qui se traduisent par des choix de l’Académie française quand elle prend position et puis il y a ce que les gens en font il a ce que les gens en font et donc concrètement je constate qu’effectivement autrice gagne du terrain parce que c’était déjà un mot
Qui a existé il y a quelques siècles ah oui par ailleurs par ailleurs mais évidemment vous avez tout à fait raison de le Saner c’est un mot qu’on a en quelque sorte ressuscité mais il s’est produit pendant plusieurs siècles une sorte de trou dans lequel le mot n’a plus été en usage donc
L’argument de l’historique du mot c’est plutôt comme les lettres de demblesse pour mes belgicisme de bonalois là tout à l’heure d’accord et donc c’est une convergence en fait et à un moment donné donc ben on verra bien ce qui va se passer je je pense vraiment qu’autrce va
Se va se répandre parce que autrce n’est pas seul c’est par dizaines qu’il y a des féminisations de noms de métiers et de profession donc c’est tout un mouvement et je crois qu’on voit qu’aujourd’hui notre société fonctionne en reconnaissant ce souhait d’une visibilisation du rôle des femmes dans la société donc les interventions
Volontaristes se croisent avec des sentiments sociauux puisqu’on parle de visibilisation de femmes de société finalement il y en a une qui fait pas mal à à l’étranger ou en tout cas en France pour l’emploi des mots belges Broll 95 Angèle bravo il a une belle ambassadrice là ouioui tout à fait ououi
Dans tous les sens du terme oui euh et ça c’est intéressant parce que Angel est un des cas de diffusion de belgicisme là c’est à l’étranger et nous connaissons en Belgique exactement la même situation mais plutôt à l’intérieur du territoire belge donc je vous cite des nom que vous que vous connaissez
Bien Marc Herm l’humoriste Marc Herm Stut Stut inconnu en walloni avant que Marc Hermand ne débarque et aujourd’hui en walloni stute connu et utilisé sans problème en en sens inverse Manu torau ça vous dit quelque chose fantastique les faux contacts les les parodies de de ses interventions de sécurité routière làin donc c’était
L’émission contact à la RTBF qui est devenu donc avec MU taureau faux contact franchement si vous voulez une peinte de bon rire prenez Google tapez Manut torau fond contact vous allez rire je vous le garantis et Manu torau évidemment a utilisé toute une série de bégicismes dont le célèbre bardaf c’est l’embardé
Barda fait un mot wallon inconnu à Bruxelles jusqu’au moment où manutoro débarque vous dit bardaf se l’embardé à Bruxelles tout le monde connaît ça aujourd’hui d’accord diec DIC au début donc des des enquêtes sur pour dictionnaire de belgicisme dionec uniquement connu à Bruxelles et dans le Bron et encore le bravallon près de
Bruxelles et puis il y a ce film oui mais après il suffit de voir quelqu’un en vrai et ok je vois bien le concept de on voit le concept mais surtout on utilise le mot et comprend bien en wonie aujourd’hui on pourrait multiplier ces ces exemples là donc les les les mots ne
Se diffusent pas au hasard il faut des des acteurs des actrices pour diffuser les mots au-delà de leur air d’origine donc c’est vrai comme vous avez cité pas mal d’auteurs au début c’est vrai qu’avant c’était effectivement par les écrits par les romans on a cité Angel ça se passe
Effectivement par on va dire bah la culture mainstream par la télévision par l’humour par ce qui nous par ce qui nous par ce qui nous rassemble par ce qui fait aujourd’hui l’co médiatique oui oui tout à fait par les réseaux sociaux vous avez cité malaisan par exemple tout à
L’heure malaisan donc je m’occupe aussi de la campagne du nouveau mode deannée là avec le soir en fait on a on a sorti le mot malaisant pour les proposer au vote des internautes mais ce mot malaisant qui vient du Québec a été en fait diffusé de ce côté-ci de
L’Atlantique par les réseaux sociaux mais il y a pas de il y a pas l’antagonisme il y a pas bon aison par exemple non effectivement il y a pas bonis a malaise il y a aise malaise mais il y a pas exact mais moi ça me fait penser à
Quelque chose j’ai l’ impression que le parler belge en tout cas la manière belge de parler français pour bien pour bien vous comprendre Michel franc c’est aussi la bienveillance parce que finalement dans le au niveau du quand on parle de match de foot j’ai été très surprise de découvrir qu’on
Employait l’expression les deux équipes se sont terminés sur un partage je ne savais pas on dit pas ça en France on dit match nul et donc c’est ce côté un petit peu négatif finalement de match nul par rapport à ça est-ce que est-ce que l’intention fait aussi partie du sens du
Mot et de l’expression c’est une question bien plus difficile qui n’y qui n’y paraî parce que ce matin figurez-vous j’étais devant un tout autre public et là on parlait plutôt de des langues régionales qui qui disparaissaient et quelqu’un me disait au fond avec ces langues qui disparaissent c’est c’est toute notre
Culte toute une partie de notre culture qui disparaît ce qui est vrai ce qui est vra et donc à nouveau ça évoque quelque chose que j’ai déjà cité tout à l’heure je crois que nous chargeons les mots d’une série de connotations d’accord donc il y a la y a la dénotation qui est
Le sens généralement Adi puis il y a la manière dont les mots raésonnent pour chacun d’entre nous d’accord alors que les Belges aient la réputation d’être des gens pondérés plutôt modeste et cetera un peu mal dégrossi enfin il y a tout ça donc d’abord évidemment ce sont des stéréotypes on ne peut plus
Stéréotyper donc c’est ça espond pas une réalité objective mais c’est sans doute comme ça que un certain nombre d’entre nous se perçoivent d’accord c’est avec la Coupe du Monde rappelez-vous on n pas gagné la Coupe du monde sur le terrain mais on a gagné en dehors du terrain quoi donc c’est notre
Manière à nous de nous voir dans ce monde là et donc je pense que notre manière de nous exprimer le choix de certains mots reflète ça à un certain moment je crois plutôt pas mal mais pense parce que si ça peut mettre un petit peu plus de bienveillance oui c’est plutôt bien
Moi je TR oui je dirais que toute communauté linguistique fait fait des opérations comme celle-là pas nécessairement dans le sens de la bienveillance mais toute communauté linguistique en fait se donne les moyens de dire le monde dans lequel elle vit et se donne les moyens de nommer ou de de
Faire percevoir le type de rapports sociaux qui est le sien c’est pour ça que c’est tellement important d’accepter la variation linguistique c’est ce que disait Camu aussi mal nommer une chose c’est ajouter de la de la douleur de la douleur au monde oui mais ici il s’agit
Pas de bien ou de mal nommé hein ici il s’agit de mais de précision se donner les oui se donner les moyens et les moyens qu’on se donne à Kinshasa en français ne sont pas les moyens qu’on se donne à Genève d’accord et je ne vois aucune raison de penser qu’à Kinshasa
Les moyens sont moins bon qu’à Genève point de vue linguistique donc je crois que cette variation elle est importante pour les communautés dont elle révèle en fait l’identité par ce biaislà d’autres questions d’autres interventions non B alors ah voilà comment on dit timide on parit Belg dites-moi vous avez peut-être déjà vous
En avez peut-être déjà parlé mais c’est vrai que moi je je regarde les des anciens actes notériers entre autres des testaments attend du des années 1500 1500 1600 et c’était de l’ancien français mais il il y avait jamais de wallon en fait soit c’était en wallon peut-être
Moi j’en ai pas trouvé mais je suis un cas spécial ou alors c’était toujours en ancien français et donc le français existait quand même avec tous les gens qui parlaient loalon à l’époque c’est un peu un peu spécial comment je parler ici moi du Congrès enfin du con en fait mais
Mais bien sûr le français est présent ENF le français ce qui est l’ancêtre du français franç est présent en Wallonie depuis le depuis le 9e siècle les premiers monuments littéraires français sont proches de la Wallonie et de la Picardie la cantinine de sainttealie ça je reviens sur ce que j’ai dit il faudra
Revenir en 2016 la cantiline de Saint l seron Jonas et cetera tous ces textes c’est pas des textes toilon ou Picard mais ce sont des textes en quelque chose en une langue qui est assez proche de ce qui devait se dire dans île- de-fance à ce moment-là mais avec des traits ou
Allons Picard à l’intérieur mais c’est déjà ce n’est pas du picard c’est c’est ce qu’on a appelé la scripta enfin peu importe à l’époque une forme si vous voulez très ancienne de Français qui est marqué par des régionalismes donc les langues régionales wallon Picard et cetera pour la wallenie elles aussi sont
Présent depuis depuis cette époque làà hein l’ensemble s différencié vers l’an 1000 et les deux ont continué à progresser ensemble d’accord en sachant que seul les élites avaient le contact avec les deux avec à la fois le français et à fois les langues régionales je rappelle que jusqu’en
1920 30 tous les Wallons parlaient Picard wallon même les notables même les notables par contre évidemment une partie importante de la population ne parlait que la langue régionale c’est ça qui faisait la différence d’accord les premiers écrivains en wallon ce sont des aristocrate au 17e siècle qui qui écrivait à cetteépoque c’était
Évidemment pas les gens du peuple donc la naissance de la littérature en lang régional partout partout en France comme chez nous ce sont des aristocrates qui pratiquaient très bien autre question pour savoir je regarde un petit peu l’heure c’est pour vous permettre aussi de vous de vous hydrater on peut aussi
Poursuivre donc au à l’apéritif cette conversation donc quelqu’un d’autre a une question non il nous reste à vous à vous remercier Michel Francard merci beaucoup plaisir [Musique] [Applaudissements] merci maison de la franité